Depuis le début de l’année, le ministère de l’intérieur égyptien diffuse sur les réseaux sociaux des vidéos à destination du jeune public, pour les inciter à leur rapporter des faits qui leur paraîtraient curieux.
Au début de chaque vidéo, il y a ce slogan : « Ensemble, nous allons protéger la conscience de nos enfants », accompagné du sigle du ministère de l’Intérieur en Égypte. Puis un dessin animé débute, mettant en scène deux petits héros, Fateen et Bolbol. Sous couvert de divertissement, ces vidéos postées sur Youtube par le ministère de l’Intérieur égyptien depuis le début de l’année ne semblent pas tant vouloir « protéger » les enfants que les embrigader dans une dénonciation des « criminels » à la police. Une initiative qui fait tiquer, dans un pays où les droits de l’Homme et la liberté d’expression sont en constante régression.

Dans un premier épisode, Fateen et Bolbol voient un inconnu emménager dans un appartement et porter des cartons la nuit. La filature de l’individu éveille la curiosité des garçons, qui s’empressent de raconter ce qu’ils ont vu à un agent de police. Celui-ci les félicite : « Ce qu’on attend de vous, c’est de rapporter à la police des cas suspects ».
Dans une autre vidéo, les deux jeunes protagonistes rencontrent à l’hôpital un homme qui a besoin d’aide et de soins, et passent un coup de fil à un agent de police, pour faire un signalement.
Ces dessins animés ne manquent pas de susciter le débat et d’être raillés par une partie de la population, qui goûte peu que la police encourage l’esprit de délation des enfants. Dans la vidéo, le policier félicite d’ailleurs les jeunes d’avoir directement informé les autorités sans en avoir parlé à d’autres adultes précédemment.

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