Décédé en 2010, le musicien gabonais Oliver N’Goma, continue de hanter nos mémoires. Tant la voix de l’un des fondateurs de l’afro-zouk, se fait toujours entendre dans tous les coins d’Afrique à travers son œuvre aussi immense qu‘édifiante.

« Je rêve de rencontrer ce musicien pour lui transmettre mes félicitations, car ces chansons sont très bonnes », préconisait récemment un jeune, dans un bus à Pointe-Noire au Congo-Brazzaville. Le musicien en question, c’est Oliver N’Goma qui repose depuis le 15 mai 2010 au cimetière Alibadeng de Libreville au Gabon.

Le 7 juin 2010, alors que la France célèbre le 356è anniversaire de l’accession au trône du roi Louis XIV, l’Afrique est tenue en haleine par des cris aigus et mélancoliques qui se faisaient entendre du Gabon. De Mayumba, dans l’extrême sud-ouest au bord de l’Atlantique à Oyem dans l’extrême nord en passant par Tchibanga, Fougamou, Franceville et Makokou, c’est tout le pays qui est trempé dans les larmes de ses filles et fils.

Ce lundi-là, Oliver N’Goma, né le 23 mars 1959 à Mayumba, venait de rejoindre ses ancêtres, mais léguant à la postérité, un répertoire dans lequel se trouvent des chansons de qualité dont « Bane ».

 

Chanté dans sa langue maternelle, le lumbu (ethnie du Congo-Brazzaville et du Gabon), le morceau de quelque cinq minutes est à s’y méprendre, un hymne célébrant les bienfaits de l‘école. « Enfants, écoutez les conseils de papa. Il faut fréquenter l‘école des Blancs, car c’est grâce à elle que vous travaillerez. C’est donc votre providence de demain », peut-on écouter.

Un des fondateurs de l’afro-zouk
Mais lumbu ou pas, Gabonais ou non, Bane a conquis, peu après sa sortie en 1988, toute une Afrique hantée quelques années auparavant par le zouk des célèbres kassav composés des sommités comme Pierre-Édouard Décimus, Jocelyne Beroard, Jacob Desvarieux ou Jean-Claude Naimro.

Et sans glisser dans le copier-coller machinal comme un perroquet, Oliver N’Goma va s’associer aux autres Africains dont l’Ivoirienne Monique Seka pour offrir à l’humanité un zouk « cuisiné à l’africaine ». Ainsi naissait l’afro-zouk.

Un genre qui a permis à « Noli » (son surnom) de faire aimer davantage ses albums suivants dont Adia (1995) qui a connu le même franc succès que Bane, même si Seva (2001) et Saga (2006) ne feront pas fait danser grand monde autant que les deux premiers produits.

Même si selon toute vraisemblance aucun événement significatif n’a été organisé dans son pays natal pour célébrer le 10è anniversiare de sa mort, Oliver N’Goma devrait tout de même, du fond de sa tombe, se dire fier de ce qu’il a pu gagner une place de choix dans le cœur de toute l’Afrique. Aux côtés des immortels africains tels que Mory Kanté, Aurlus Mabelé, Makjoss, Cesaria Evora, Miriam Makeba, Eboa Lotin et Franco Luambo.

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