Un tribunal rwandais a ordonné vendredi la libération sous caution d’un porte-parole du président Paul Kagame, empêché de se présenter à une élection l’année dernière.

Un juge de la Haute Cour a déclaré dans sa décision que Diane Rwigara et sa mère, qui avaient été arrêtées l’année dernière, seraient libérées immédiatement, mais qu’elles n‘étaient pas autorisées à quitter la capitale Kigali “sans autorisation”.

Diane Rwigara, âgée de 38 ans, voulait affronter le président Kagame à la présidentielle d’août. La publication de ses photos nue sur le net n’aura pas suffi à décourager la jeune femme déterminée à gérer « autrement » le Rwanda.

Mais, Diane et deux autres candidats seront recalés officiellement pour n’avoir pas réuni les 600 parrainages de citoyens. Elle sera mise aux arrêts pour « insurrection contre l’Etat » et « faux et usage de faux ».

À la veille du début de son procès en septembre, elle déclarait déjà : « Je suis punie pour m’être levée contre l’oppression et dire ce que je pense ». C’est du moins, l’avis de la quasi-totalité des défenseurs des droits de l’homme.

Il lui faudra cependant verser une caution dont le montant n’est pas encore déterminé pour qu’elle renoue avec la liberté.

En lien avec l‘élection au sein de l’OIF ?

La libération de Diane Rwigara intervient quelques semaines après celle de plus de 2000 prisonniers dont Victoire Ingabire, une autre figure de l’opposition emprisonnée depuis 2010 pour, entre autres,  « conspiration contre les autorités par le terrorisme et la guerre, minimisation du génocide de 1994 et propagation de rumeurs dans l’intention d’inciter le public à la violence ».

Mais, Rwigara a-t-elle demandé, elle aussi, la grâce présidentielle comme Victoire Ingabire ? Difficile de le savoir. Toutefois, ces libérations interviennent toutes à une semaine du sommet de la Francophonie qui aura lieu les 11 et 12 octobre proches à Erevan, en Arménie.

Et la ministre rwandaise des affaires étrangères Louise Mushikiwabo entend occuper le poste de secrétaire général de l’Organisation de la francophonie (OIF). En outre, de plus en plus de francophones s’insurgent contre l‘élection de la diplomate rwandaise, en raison de multiples accusations d’entorse à la démocratie.

Ces libérations pourraient ainsi sonner comme une stratégie de campagne au profit de sa compatriote au sein de l’OIF.

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