Africaines bonnes Golfe -min

Des dizaines de milliers d’Africaines sont employées comme bonnes dans les pays du Golfe. Maltraitées et employées à tout faire, la situation de ces femmes inquiète les militants des droits de l’homme. Aujourd’hui, même si leurs droits tendent à s’améliorer sous la pression internationale, elles sont des dizaines de milliers à y être encore exploitées. 

Poussées par la pauvreté et les conflits, elles sont prises en charge par des agences qui « les vendent » à des employeurs pour toutes sortes de tâches : nettoyage, cuisine, garde des enfants… Travaillant plus de 15 heures par jour pour des salaires de misère. Quand ils sont versés… Les employeurs, et parfois les agences de recrutement, leur retirent leurs passeports pour éviter qu’elles ne s’enfuient.

Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), 3,8 millions de travailleurs domestiques travaillaient en 2017 dans les pays du Golfe : Oman, Koweït, Arabie saoudite, Qatar, Barhrein et Emirats arabes unis. L’Arabie saoudite absorberait les deux tiers de cette main d’œuvre (2,42 millions de personnes). Au Koweït, elle représente 22% des personnes en âge de travailler, c’est dire si elle est essentielle à l’économie de ces pays.

Isolées, de nombreuses domestiques sont très vulnérables. Elles travaillent souvent dans des conditions indignes, sont exploitées – parfois sexuellement –, quand elle ne subissent pas des violences physiques et psychologiques.

La charge de travail excessive et les salaires impayés sont les plaintes les plus courantes. Mais les employeurs agissent généralement en toute impunité, avec la complicité de la police et de la justice qui ferment les yeux sur ces pratiques.

Les ONG dénoncent depuis des décennies cet esclavage moderne. Les gouvernements sont obligés de réagir.

Le Togo a, par exemple, interdit le voyage des jeunes filles au départ de l’aéroport de Lomé vers le Moyen-Orient.

L’OIT a défini des normes sur le travail décent et une protection minimale dans le cadre de la Convention sur les travailleuses et travailleurs domestiques. Tous les pays du Conseil de coopération du Golfe ont adopté ce texte. Mais aucun ne l’a ratifié, ce qui signifie que les règles ne sont pas contraignantes.

Le 25 mars dernier, une délégation, envoyée par le président de la République malgache, s’est envolée pour le Koweït. Elle a pour tâche de rapatrier les travailleuses malgaches en détresse dans ce pays. Lors d’une conversation téléphonique avec certaines d’entre elles, Andry Rajoelina a promis de les aider à rentrer à Madagascar.

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