La ville de Sotchi qui avait accueilli les J0-2014 s’est mise à l’heure africaine pour quelques jours. Le premier sommet Russie-Afrique s’y déroule depuis ce mercredi, avec 43 dirigeants et plus de 3.000 participants. En organisant cet événement, le président russe Vladimir Poutine montre qu’il est hors de question pour son pays de laisser le terrain « africain » aux autres puissances économiques.
En 2018, les échanges entre la Russie et le continent africain s’élevaient à 20 milliards de dollars, moins de la moitié de ceux de la France et dix fois moins que la Chine. Et la majorité du commerce concerne les ventes d’armes, rare domaine dans lequel la Russie est en tête en Afrique.
« À mon avis c’est très peu. Surtout si l’on tient compte du fait que sur ces 20 milliards… 7,7 milliards, correspondent à notre commerce avec l’Egypte. Soit 40 %. Mais nous avons beaucoup de partenaires potentiels en Afrique, vraiment beaucoup. Avec de bonnes perspectives de développement et un potentiel de croissance important. Le volume des échanges s’accroît et pas seulement dans les matières premières. Il augmente pour les produits agricoles et industriels. De manière générale, la Russie exporte davantage de produits agricoles dans le monde que d’armements », a déclaré le président russe.
En faisant cette déclaration, Poutine affirme qu’il est conscient du retard de son pays. En septembre 2018, le président chinois Xi Jinping a annoncé à Pékin, lors du forum sino-africain, que son pays consacrerait 60 milliards de dollars supplémentaires au développement économique des pays africains. Dix mois plus tard, la Chine a convié à nouveau les représentants des 54 pays africains, pour faire le point sur l’avancée des huit initiatives majeures alors annoncées par le président Xi Jinping devant ses homologues africains. À commencer par le décaissement des 60 milliards de dollars promis par le chef de l’État chinois sur la période 2019 – 2021, pour le financement de 880 projets à travers le continent.
Déjà, en 2006 déjà, lors du Forum sino-africain, le gouvernement chinois avait mis en place un « fonds » de développement pour l’Afrique doté d’un budget de 5 milliards de dollars et avait promis des annulations de dette pour un montant de 1,4 milliard de dollars (concernant environ 31 pays du continent).
D’un autre côté, Poutine a du soucis à se faire avec la forte présence française en Afrique dans beaucoup de secteurs. Pour le président russe, il s’agira, dans ce sommet, de démontrer qu’il a les intérêts africains à cœur, lui qui en 20 ans n’a fait le déplacement que trois fois en Afrique subsaharienne, à chaque fois en Afrique du Sud.

Fallou Fall pour vonews.net

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