Comme Islam Slimani, formé en Algérie et qui a ensuite embrassé une carrière sur le continent européen, d’autres joueurs ont eu l’occasion de pratiquer leur football de l’autre côté de la Méditerranée. Une opportunité qu’ils ont souvent brillamment saisie. 

Islam Slimani est devenu la tête de gondole des joueurs algériens formés au pays et qui se font désormais remarquer de l’autre côté de la Méditerranée. Celui qui a déjà inscrit cinq buts et fait sept passes décisives avec Monaco depuis le début de saison était pourtant arrivé sur la pointe des pieds dans la principauté. Généreux sur le terrain,  « SuperSlim » (31 ans) était passé par le Portugal, l’Angleterre et la Turquie avant de débarquer en Ligue 1.

Pari réussi avec Youcef Atal

En 2009 à Belouizdad, Islam Slimani était parvenu à se hisser au niveau de l’élite du football algérien avant de signer au Sporting Portugal. « Je connais Islam depuis 2011, et je sais ce qu’il est capable de faire. Je savais qu’il allait faire du bien Monaco. Il a beaucoup donné à la sélection algérienne. Son jeu est atypique, mais efficace. Après tout, ce que l’on demande à un attaquant, c’est de marquer des buts », raconte l’ancien international Carl Medjani à RFI.

Aujourd’hui, le football algérien s’exporte de plus en plus et le titre de champion d’Afrique acquis par les Fennecs l’été dernier en Égypte pourrait accélérer encore le processus. Certains ont déjà réussi à se faire un nom dans le championnat français.

Zinedine Ferhat, co-meilleur passeur de Ligue 2 avec Le Havre la saison dernière, joueur formé à la JS Kabylie (26 ans), s’est ainsi rapidement montré décisif pour ses débuts dans l’élite. Il a d’ailleurs été nommé parmi les trois meilleurs joueurs de Ligue 1 pour le mois d’août dernier.

Fort de son pari réussi avec Youcef Atal, Nice s’est aussi jeté cet été sur Hichem Boudaoui (19 ans), considéré comme le nouveau joyau du Paradou AC. Youcef Atal était arrivé sur le sol européen pour s’engager avec le club belge de Courtrai. « Atal est un garçon pétri de talent. Il fallait qu’il quitte l’Algérie pour progresser. C’est un exemple pour les joueurs du championnat algérien », s’enthousiasme Carl Medjani.  Angers a misé, de son côté, sur Haithem Loucif (23 ans), après avoir acquis Farid El Melali (22 ans) l’an dernier.

« Il y a quelques années, personne n’arrivait à s’expatrier »

Ramy Bensebaini (Borussia Mönchengladbach), né à Constantine, formé au Paradou FC, fait aussi partie des meilleurs éléments qui se sont exportés en Europe avec Lierse, en Belgique, comme premier club avant Montpellier et Rennes en Ligue 1.

Venu de l’USM Alger, Oussama Darfalou est devenu le troisième joueur algérien à évoluer aux Pays-Bas.  L’attaquant, qui a participé aux JO de Rio en 2016 avec les U23,  a remporté le titre de meilleur buteur du championnat de Ligue 1 algérienne en 2018 avec l’USMA. Il a eu le courage de choisir un championnat pas facile, et cette saison, il a très peu de temps de jeu.

Son ancien coéquipier à Alger, Mohammed Benkhemassa, évolue désormais au poste de milieu de terrain au Malaga en Liga 2 espagnole. Il était aussi du voyage aux Jeux de Rio. « Je vois ça d’un bon œil et c’est bien. C’est super de voir des locaux montrer leur talent en Europe. C’est une bonne chose pour le foot algérien. Il y a quelques années, personne n’arrivait à s’expatrier. La formation n’était pas forcement génial », explique Carl Medjani.

Des centres de formation en projet

Si le football algérien a basculé vers le professionnalisme il y a à peine dix ans, la formation n’a pas été une priorité. Aujourd‘hui, la Fédération algérienne de football a l’intention de créer quatre centres de formation à travers le pays. Le premier est en train d’être construit à Tlemcen, dans le nord de l’Algérie.

Ce qui n’empêche pas la formation algérienne de donner déjà des résultats. En 2014, lors du Mondial au Brésil, la plupart des titulaires, face notamment à l’Allemagne en huitièmes de finale, avaient été formés à l’étranger. Lors de la CAN 2019 en Égypte, à chaque rencontre des Verts, il y avait entre quatre et six locaux au coup d’envoi. « Le peuple s’identifie à cette équipe, car il y a désormais des joueurs qui ont évolué dans le championnat algérien », conclut Carl Medjani.

Avec rfi

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