Trois personnes ont été tuées mercredi dans une embuscade dans le centre du Mozambique, ont annoncé la police et des témoins, la dernière en date d’une série d’attaques après des élections marquées par la violence et des accusations de fraudes.

Les élections générales du 15 octobre ont accru les tensions malgré l’existence d’un accord fragile conclu entre le Frelimo (au pouvoir) et son rival, la Renamo, un ancien groupe rebelle devenu parti d’opposition après une guerre qui a eu lieu entre 1975 et 1992.

Le Mozambique a connu l’une des campagnes électorales les plus brutales de son histoire. La Renamo a accusé le Frelimo de violer l’accord de paix en ayant recours à la violence et à des mesures d’intimidation le jour des élections.

Plusieurs attaques ont été signalées depuis le scrutin qui s’est soldé par la victoire du président sortant Filipe Nyusi avec 73% des suffrages.

Celle de mercredi a eu lieu dans la province de Manica : des hommes non identifiés ont tendu une embuscade et ouvert le feu sur les passagers d’un minibus.

“Ils ont tiré sur les pneus avant de mon bus et ont touché mes jambes,” a déclaré le chauffeur, Chiringa Taimo, qui a cependant réussi a fuir les lieux au moment où les assaillants ont mis le feu à son véhicule.

La Renamo favorable à la paix
“Ils m’ont suivi dans la brousse et je les ai suppliés de ne pas me tuer. Ils ont pris mon portefeuille et sont partis”.

M. Taimo a déclaré à l’AFP que l’un de ses passagers et deux autres civils étaient morts sur place. Au moins trois personnes ont été grièvement blessées.

La police a confirmé l’attaque sans donner plus de précisions sur les assaillants. Un groupe dissident de la Renamo avait revendiqué une attaque dans le district voisin de Gorongosa, qui avait fait cinq morts, dont deux policiers, la semaine dernière.

La Renamo, pour sa part, a réitéré son engagement en faveur de la paix et dit qu’elle respecterait l’accord de paix d’août dernier.

Ossufo Momade, le chef de la Renamo, est arrivé deuxième à la présidentielle avec moins de 22% des voix.

Les violences touchent aussi la province de Cabo Delgado, dans le nord, où selon des témoins au moins 14 personnes ont été tuées dans deux attaques la semaine dernière. La police soupçonne des islamistes d‘être responsables des violences dans les régions septentrionales.

Depuis 2017, une série d’attaques y a causé la mort de trois cents civils et forcé des dizaines de milliers de personnes à quitter leur maison.

AFP

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here