Après plus de trois semaines de manifestations ininterrompues, la mobilisation ne faiblit pas au Chili. Plus de cent mille personnes étaient réunies vendredi encore à Santiago, la capitale, et dans plusieurs villes du pays, pour protester contre les inégalités et demander de profondes réformes sociales.

Le rassemblement faisait suite à des annonces du président Sebastian Piñera en matière de sécurité ce jeudi. Des mesures visiblement mal accueillies par les manifestants.

Sous un grand drapeau aux couleurs du Chili, ou encore avec des fumigènes et des feux d’artifices, une immense foule de manifestants était rassemblée une nouvelle fois sur la Plaza Italia, dans le centre de Santiago. En marge de la manifestation qui se déroulait pacifiquement sur la place, un bâtiment d’une université privée a été incendié quelques centaines de mètres plus loin, et une église a été saccagée.

Ce jeudi, Sebastian Piñera avait annoncé une série de mesures notamment pour alourdir les peines contre les casseurs et les pilleurs. Il a aussi convoqué un conseil de sécurité nationale, une décision rare dans le contexte d’un mouvement social, et qui donne à de nombreux Chiliens le sentiment qu’ils ne sont pas écoutés par le gouvernement.

Mais ce vendredi les critiques sont aussi venues du propre camp du président Sebastian Piñera. À la sortie d’une réunion avec l’exécutif au palais de la Moneda, un député conservateur a appelé devant la presse à approfondir les mesures sociales. Le maire d’une commune défavorisée de la région de Santiago, lui aussi de droite, a affirmé que l’exécutif n’avait pas pris toute la mesure du problème.

Le président chilien est lui passé devant les journalistes sans répondre à leurs questions.

Avec rfi

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