S’exprimant sur le modèle approprié de demande en mariage en Afrique dans une récente interview, l’un des poids lourds de l’industrie cinématographique Nollywoodienne, Pete Edochie n’a mâché pas ses mots : « S’agenouiller pour demander la main d’une femme, c’est la culture des Blancs, car les femmes les dominent et ont plus de droits que les hommes, ce ne sont pas les manières de l’homme africain ».

Il y a cinquante ans, explique l’acteur de 72 ans au journaliste, il a demandé à sa femme de l’épouser, « à l’africaine » : « Je ne me suis pas agenouillé pour faire une proposition à ma femme et nous sommes restés 50 ans dans notre mariage. J’ai pris mon temps pour la courtiser. Quand il était temps de s’installer, je lui ai demandé si elle m’épouserait et c’était tout ».

De son point de vue, et selon la culture nigériane, a-t-il poursuivi, c’est à la femme de poser le genou à terre, en donnant à boire à son mari par exemple, pour montrer sa soumission. Le vétéran de Nollywood plusieurs fois récompensé pour sa contribution à l’industrie cinématographique nigériane a vivement critiqué le fait que les hommes africains, en particulier ceux du Nigeria, renoncent volontiers aux femmes leur masculinité donnée par Dieu.

Ces déclarations ont ravivé le débat au sein de la communauté nigériane, et le site Apanews a recueilli quelques impressions. « C’est singer la culture occidentale et diminuer la toute-puissance des hommes africains », déclare l’environnementaliste Dr Kassim Ahmed, en soutien à l’acteur Edichoe. Pour M. Jerry Okolo, géomètre, cette tendance qu’ont les hommes nigérians de « s’humilier devant des femmes » est déplorable.

Secouant tristement la tête, il ajoute : « Cette culture empruntée aux Oyibo (personnes de race blanche) est la raison pour laquelle les femmes peuvent gifler et maltraiter leur mari ». Mlle Esse Ekama, une journaliste, rétorque : « C’est un déchet absolu. C’est étranger à notre culture. Je suis censée m’agenouiller devant mon mari et non l’inverse ».

Poids lourd du cinéma, intellectuels, la société en général, s’accordent à cantonner la femme dans une certaine position, ce qui peut rendre parfois difficile l’accession à des postes de responsabilité pour beaucoup d’entre elles. Le Nigeria se classe derrière l’Iran, au 181 ème rang sur 193 pays, par rapport au pourcentage de femmes au parlement, selon l’Union interparlementaire (UIP), l’organisation internationale des parlements.

Avec negronews

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