Le rapport des élus démocrates responsables de l’enquête pour impeachment contre Donald Trump a été publié mardi. Il accuse le président américain d’abus de pouvoir, de mise en danger de la sécurité nationale et d’obstruction aux investigations du Congrès.

Les arguments sont prêts, les preuves sont « accablantes ». Les représentants démocrates chargés de l’enquête sur l’affaire ukrainienne ont publié, mardi 3 décembre, leur rapport tant attendu. Le texte accuse le président des États-Unis Donald Trump d’abus de pouvoir pour avoir sollicité l’ingérence de l’Ukraine dans la présidentielle 2020. « Les pères fondateurs ont prescrit un remède quand un chef de l’exécutif place ses intérêts personnels au-dessus de ceux du pays : l’impeachment (mise en accusation) », ajoutent les auteurs de ce document de 300 pages.

La commission du Renseignement de la Chambre des représentants, fer de lance de l’enquête ouverte en septembre, affirme aussi dans son rapport que le président américain a sapé la sécurité nationale. Plus précisément, Donald Trump est accusé d’avoir cherché à conditionner l’octroi d’une aide militaire à l’Ukraine et une visite à la Maison Blanche du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, à l’ouverture d’une enquête sur les activités en Ukraine du fils de Joe Biden, son potentiel adversaire en 2020, et sur le rôle de Kiev dans l’élection de 2016.

« Le stratagème du président Trump a subverti la diplomatie des États-Unis à l’égard de l’Ukraine et sapé notre sécurité nationale en faveur de deux enquêtes à motivation politique qui pourraient aider sa campagne de réélection présidentielle », est-il écrit dans le rapport.

Entrave à l’enquête

Les démocrates reprochent aussi à Donald Trump d’avoir entravé leur enquête en bloquant la transmission de documents et les témoignages de ses principaux conseillers, mais aussi via des tentatives vaines d’empêcher d’autres dépositions et d’intimider des témoins. « Donald Trump est le premier président dans l’histoire des États-Unis à chercher à bloquer complètement une enquête pour impeachment entreprise par la Chambre des représentants », peut-on lire.

La porte-parole de la Maison Blanche, Stephanie Grisham, a dénoncé un « simulacre de procédure partial » n’ayant pas apporté la moindre preuve contre Donald Trump. « Ce rapport ne reflète rien d’autre que leurs frustrations », a-t-elle dit. Dans leur propre rapport d’enquête, publié lundi soir, les républicains ont de leur côté blanchi le président : « Les éléments présentés ne prouvent aucune des accusations des démocrates. »

Présent à Londres pour un sommet de l’Otan, Donald Trump a accusé mardi les démocrates d’avoir mené une enquête aux allures de « chasse aux sorcières » et il a une nouvelle fois réclamé que Joe Biden soit appelé à témoigner.

Destitution peu probable

La commission du Renseignement a approuvé mardi soir ce rapport lors d’un vote qui a suivi les lignes partisanes entre démocrates et républicains, avant de le transmettre à la commission des Affaires judiciaires. Celle-ci entamera mercredi le débat juridique pour déterminer si les faits reprochés au président justifient sa mise en accusation (« impeachment »). Quatre juristes détailleront lors d’une audition publique les motifs de destitution cités dans la Constitution des États-Unis : des actes de « trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs ».

La Chambre des représentants, à majorité démocrate, devrait approuver en séance plénière la mise en accusation du président. Il reviendra ensuite au Sénat, pour sa part dominé par les républicains, d’organiser un procès à l’issue duquel une majorité des deux tiers des présents sera nécessaire pour déclarer Donald Trump coupable et le destituer. Une perspective peu probable à ce jour.

Avec AFP et Reuters

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