Louise Mushikiwabo, ex-ministre des Affaires étrangères du Rwanda a pris les rênes de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en janvier 2019. Après Michaëlle Jean, elle est la deuxième femme à occuper ce poste. En mai 2018, le magazine Jeune Afrique l’a présentée comme l’une des plus influentes personnalités africaines sur le continent.

Formée à l’école de Paul Kagame, dont elle a été onze ans ministre, cette ancienne lobbyiste passée par le FMI et la Banque africaine de développement n’est pas du genre à éprouver des états d’âme. « Dans les organisations internationales, il y a toujours un groupe qui veut avancer sur la voie que l’on s’est fixée et un autre qui est dans la routine, parfois dans l’hostilité, confie-t-elle. Certains ne s’identifient pas ou plus à l’organisation. Ils attendent leur virement en fin de mois. Ils doivent se ressaisir. »

Pour dépoussiérer l’organisation, Louise Mushikiwabo s’est adjoint une équipe restreinte mais impliquée et totalement compatible avec son style de management à la rwandaise.

Née en 1961 à Kigali où elle grandit, Louise Mushikiwabo est la cadette d’une famille de neuf enfants. Après avoir obtenu son baccalauréat, elle enseigne un temps l’anglais avant de décrocher une bourse pour partir aux États-Unis. C’est depuis Washington où elle est devenue interprète qu’elle va vivre le drame du génocide (avril à juillet 1994), dont son frère, le leader politique Landoald Ndasingwa (dit Lando), est l’une des premières victimes. « En 2005, elle publie aux États-Unis un volumineux récit intitulé ‘Rwanda Means The Universe’ (Le Rwanda signifie l’univers – ed. St. Martin’s Press). Une manière pour elle de surmonter le traumatisme et de rendre hommage aux disparus », précise le journaliste Mehdi Ba sur Jeuneafrique.com. Après un détour par Tunis, l’année 2008 marque celle de son retour en terre rwandaise. En 2009, le président Paul Kagame la nomme à la tête du ministère de l’Information, avant d’en faire sa cheffe de la diplomatie.

Le bilan diplomatique de Louise Mushikiwabo est ponctué de réalisations concrètes et de temps forts. Lorsque le Rwanda a siégé au Conseil de sécurité des Nations unies, en 2013 et 2014, elle s’est particulièrement distinguée par la déclinaison éloquente des pistes que son pays proposait sur la problématique de la résolution des conflits et la reconstruction des pays post-conflit. Sur le continent africain, c’est avec le même dynamisme et la même rigueur qu’elle contribue à la réforme institutionnelle de l’Union Africaine en tant que membre de l’équipe-conseil.

Sa candidature au poste de Secrétaire général de la Francophonie, annoncée en mai 2018, était fortement soutenue par son pays d’abord, puis endossée par l’Union Africaine lors du dernier Sommet des Chefs d’Etat tenu à Nouakchott en juillet 2018.

Fallou Fall  pour vonews.net

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