En recueillant 59 % des voix lors du deuxième tour de l’élection présidentielle du 8 novembre 2005, Ellen Johnson Sirleaf est devenue la première femme chef d’État de l’histoire de l’Afrique. Présidente du Liberia de 2006 à 2018, elle est économiste de formation.

Ellen Johnson naît le 29 octobre 1938 à Monrovia, dans une famille ayant des origines à la fois gola et allemandes. Son père est le premier Libérien africain à siéger au Parlement. La jeune fille fréquente le College of West Africa à Monrovia, et épouse, à dix-sept ans, James Sirleaf.

Après six ans de mariage, elle divorce en 1961, après que son mari a pointé un pistolet sur elle en présence de son fils. Elle effectue ses études en Amérique et reçoit un baccalauréat ès sciences en comptabilité au Madison Business College, à Madison (Wisconsin) en 1964, un diplôme d’économie de l’université du Colorado en 1970, et un master en administration publique de l’université Harvard en 1971. Elle est membre de la sororité afro-américaine Alpha Kappa Alpha, la première sororité créée en 1908. Elle est membre de l’Église méthodiste unie.

Elle est secrétaire d’État aux Finances entre 1972 et 1978, puis ministre des Finances entre 1979 et 1980. Cette même année, Samuel Doe effectue un coup d’État et fait assassiner le président en exercice William Richard Tolbert à son domicile et la plupart des ministres sur une plage. Ellen Johnson Sirleaf y survit parce que le nouveau président ne peut pas totalement décapiter l’appareil bureaucratique. Elle parvient néanmoins à s’exiler puis revient plus tard, déclarant vouloir faire campagne contre le président, ce qui l’amène à être à nouveau menacée de mort. À partir de 1985, elle est condamnée à une peine de dix ans de prison pour s’être opposée au régime militaire de Samuel Doe, mais est autorisée à quitter le pays peu de temps après. Son opposition politique lui vaut le surnom de « Dame de fer ».

Durant ses douze années d’exil au Kenya et aux États-Unis, elle devient une économiste influente à la Banque mondiale, à la Citibank et dans d’autres institutions financières internationales. De 1992 à 1997, elle dirige le Bureau régional pour l’Afrique du Programme des Nations unies pour le développement.

Alors que le pays est plongé dans une guerre civile sanglante depuis 1989, Ellen Johnson-Sirleaf se présente à l’élection présidentielle de 1997, comme candidate du Parti de l’unité. Devancée par Charles Taylor, chef rebelle, elle doit à nouveau s’expatrier lorsque ce dernier l’accuse de trahison. Elle ne rentre au Liberia qu’à la suite du départ forcé du président Taylor en 2003.

Ellen Johnson-Sirleaf, à qui George Weah a succédé le 22 janvier, est la lauréate 2017 du prix Ibrahim. Le comité a « salué le leadership exceptionnel d’Ellen Johnson-Sirleaf, et sa capacité à redresser un pays dévasté par de nombreuses années de guerre civile, et confronté à des défis sans précédent et renouvelés. »

L’ex-présidente du Liberia, qui avait déjà été récompensée en 2011 par le Prix Nobel de la Paix aux côtés de l’activiste pacifiste libérienne Leymah Gbowee et à la yéménite Tawakkul Karman « a pris les rênes d’un pays totalement détruit par la guerre civile et conduit un processus de réconciliation visant à la construction d’une nation et de ses institutions démocratiques. Tout au long de ses deux mandats, elle a travaillé sans relâche pour le compte de ses concitoyens », avaient écrit les membres du comité.

Fallou Fall pour vonews.net

 

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