Les Taliban ont décrété, mardi, une trêve de trois jours, que le gouvernement afghan a ordonné aux forces de sécurité de respecter, à l’occasion de la fête de l’Aïd al-Adha qui commencera vendredi. Devrait suivre la reprise des pourparlers de paix “directs”.

Longtemps ajournées, les négociations de paix en Afghanistan entre le gouvernement et les Taliban pourraient finalement commencer dès la semaine prochaine, a avancé mardi 28 juillet le président Ashraf Ghani, qui a donné son aval à une courte trêve décrétée par les insurgés.

Ce cessez-le-feu devrait entrer en vigueur dès vendredi, le jour du début de l’Aïd al-Adha, la fête du Sacrifice traditionnellement marquée par des réunions familiales.

“Tous les Moudjahidines (…) ont pour ordre de ne pas mener d’opérations contre l’ennemi pendant les trois jours et nuits de l’Aïd al-Adha”, a précisé le porte-parole des Taliban Zabihullah Mujahid, dans un communiqué. Mais toute éventuelle attaque de “l’ennemi” donnera lieu au recours à la force en réponse, a-t-il mis en garde.

Peu de temps après, le gouvernement afghan a “ordonné à toutes les forces de sécurité et de défense de respecter le cessez-le-feu”, selon Sediq Sediqqi, le porte-parole du président Ghani. Toutefois, a-t-il ajouté, celles-ci devront “répliquer si les Taliban attaquent nos forces ou notre peuple”.

Des négociations planifiées dès la fin de l’Aïd

Les États-Unis, qui espèrent une telle percée depuis qu’ils ont signé leur accord historique avec les Taliban fin février après plus de 18 années de guerre, ont “salué les annonces” et appelé à lancer “rapidement” les négociations inter-afghanes.

L’annonce de cette deuxième suspension des combats de la part des rebelles en un peu plus de deux mois est intervenue après que le chef de l’État a déclaré, le même jour, espérer l’ouverture de pourparlers de paix “directs” avec eux “dans une semaine”.

Dès la semaine dernière, les Taliban avaient fait savoir qu’ils étaient prêts à entamer des discussions avec le gouvernement de Kaboul dès la fin de l’Aïd.

Dans l’attente de la libération de 5 000 prisonniers Taliban

Ces négociations inter-afghanes devaient initialement se dérouler à partir du 10 mars, mais cette date a été dépassée en raison d’une situation politique confuse à Kaboul et d’une stagnation du processus d’échange des prisonniers, dont l’achèvement est exigé en tant que préalable par les rebelles.

L’accord du 29 février entre les États-Unis et les Taliban prévoit en effet la libération par le gouvernement afghan de 5 000 insurgés et celle par ces derniers de 1 000 membres des forces de sécurité.

“Pour démontrer l’engagement du gouvernement envers la paix, la République islamique achèvera bientôt la libération de 5 000 prisonniers Taliban”, avait auparavant affirmé le chef de l’État dans une allocution au palais présidentiel.

Kaboul a libéré la plupart de ces 5 000 détenus, mais assure que certains Taliban sortis de prison retournent sur le champ de bataille.

Des précédents cessez-le-feu de courte durée

Ashraf Ghani a, en outre, exhorté les insurgés à accepter “un cessez-le-feu permanent et complet” pendant la durée des pourparlers destinés à tenter d’en finir avec presque 19 ans de guerre en Afghanistan. “La balle est maintenant dans le camp des Taliban et de la communauté internationale.”

Les rebelles avaient déjà décrété un cessez-le-feu de trois jours en mai à la fin du mois sacré du ramadan. Les troupes gouvernementales avaient également observé cette trêve, mais celle-ci avait vite été rompue, avec la reprise d’attaques sanglantes par les Taliban. Résultat, 3 500 militaires tués en cinq mois, d’après les autorités, qui font en outre état de la mort de 775 civils.

Un premier cessez-le-feu, le seul autre depuis que le conflit a éclaté en 2001, avait été décrété en juin 2018 et avait lui aussi été de courte durée.

Avec AFP

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