Le Botswana, pays qui abrite la plus grande population d’éléphants au monde, a tenu vendredi ses premières enchères d’ampleur pour l’attribution de permis de chasse depuis que la pratique a été rétablie en mai.

Le 22 mai dernier, le Botswana levait l’interdiction de chasser l’éléphant sur son territoire. Le pays s’était alors justifié en assurant que la population des pachydermes avait fortement augmenté et avait un effet négatif sur les revenus des agriculteurs. Une étude aurait en effet montré “que les conflits entre humains et éléphants ont augmenté en nombre et en intensité et affectent de plus en plus les moyens de subsistance” des habitants, affirmait le ministère de l’Environnement du pays. La chasse commerciale aux animaux sauvages menacés, dont les éléphants, avait pourtant été interdite en 2014 par le président botswanais, Ian Khama, fervent protecteur de l’environnement. Son successeur, Mokgweetsi Masisi, arrivé au pouvoir l’an dernier, avait pris ses distances avec la politique de défense à tout prix de la faune sauvage.

Le Botswana a de loin la plus importante population d’éléphants en Afrique, avec 135 000 individus recensés en 2015, qui se déplacent librement et dont beaucoup passent en Namibie, en Zambie et au Zimbabwe. Certains experts estiment même que leur nombre a presque triplé en trente ans, et pourrait désormais atteindre 160 000. Si certains craignent que la chasse ruine complètement le tourisme botswanais, d’autres s’opposent catégoriquement à son rétablissement en mettant en avant le problème du braconnage. Le braconnage d’espèces sauvage est aujourd’hui le quatrième marché illégal au monde. La chasse à l’ivoire représente en effet une vraie menace pour les éléphants qui sont chaque année entre 20 à 25 000 à être braconnés sur le continent africain. A l’été 2018, l’ONG Eléphants sans frontières avait d’ailleurs alerté sur une vague de braconnage au Botswana, et rencensé au moins 90 carcasses d’éléphants entre juillet et septembre.

Des permis de chasse qui font polémique
Le Botswana a tenu vendredi ses premières enchères d’ampleur pour l’attribution de permis de chasse depuis que la pratique a été rétablie en mai. La vente, confiée à la société locale Auction It, s’est tenue pendant une heure dans les locaux du ministère de l’Environnement de Gaborone. Elle portait sur sept lots de dix éléphants chacun, a indiqué à l’Agence France-Presse une responsable gouvernementale de la faune, Alice Mmolawa, qui s’est refusée à toute précision sur le nombre de permis vendus, leur prix ou les vainqueurs des enchères. Six permis ont trouvé preneurs, pour des prix allant de 3,6 à 4,7 millions de pula (330 000 à 430 900 dollars), selon une source du milieu des enchères. Désormais, jusqu’à 400 animaux pourront être tués chaque année en vertu de permis délivrés par les autorités…

aufeminin.com

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