Les sentiers de la gloire PATHS OF GLORY de StanleyKubrick avec Kirk Douglas, George Kennedy, 1957

L’acteur Kirk Douglas, icône de l’âge d’or hollywoodien qui incarnait l’image du héros américain, est mort mercredi à l’âge de 103 ans, a annoncé son fils Michael Douglas. «C’est avec une immense tristesse que mes frères et moi vous annonçons que Kirk Douglas nous a quittés aujourd’hui à l’âge de 103 ans. Pour le monde, il était une légende, un acteur de l’âge d’or du cinéma (…) mais pour moi et mes frères, Joel et Peter, il était simplement papa», écrit Michael Douglas sur sa page Facebook. «Kirk a eu une belle vie et il laisse derrière lui des films pour les générations à venir, et le souvenir d’un philanthrope reconnu qui a oeuvré pour le bien public et la paix dans le monde», poursuit l’acteur.

De sa célèbre fossette à son regard perçant et son corps musclé, Kirk Douglas est né avec Hollywood, a grandi en noir et blanc, s’est battu en couleur ; il était le dernier héros de l’âge d’or hollywoodien.

Pourtant rien ne le prédestinait à devenir une légende du 7e art. «Je vais encore de l’avant parce que je sais d’où je viens», avouait ce fils d’une famille d’immigrants d’origine russe, qui a fui les pogroms. Né le 9 décembre 1916, Issur Danielovitch Demsky a grandi sur Amsterdam Avenue, à New York. Avec ses six sœurs, il connaît très tôt l’injustice et la misère. Autant d’épreuves gravées sur son visage taillé au couteau. Issu de parents analphabètes, il se trouve un exutoire: la lutte.

Le rêve hollywoodien, au bout des poings
Et c’est grâce à la force de ses poignets que «le fils du chiffonnier» décroche une bourse à la St Lawrence University, où il devient champion dans cette discipline. Kirk rentre ensuite à la prestigieuse American Academy of Dramatic Art.

Tout s’accélère pour lui au début des années 40. En 1941, diplôme en poche, il devient figurant à Broadway, puis s’engage, un an plus tard, dans la marine. En 1943, il se marie avec sa première femme, la comédienne et mannequin Diana Dill. Et devient père de Joel et d’un certain Michael. Démobilisé, Kirk Douglas retrouve les planches de Broadway, où il reprend successivement deux rôles créés par Richard Widmark.

C’est finalement par l’intermédiaire de l’actrice Lauren Bacall que les portes d’Hollywood s’ouvrent à lui. Sa camarade de l’American Academy of Dramatic Art, a parlé de lui au puissant producteur Hal Wallis, qui l’engage dans L’Emprise du crime (1946). Très vite, les rôles qu’il incarne dans les années 50 ont une identité commune: des personnages abjects et marqués par la vie. Une identité qui éclate avec Champion (1949), dans lequel il interprète le rôle prédestiné d’un boxeur. Dirigé par Mark Robson, le film lui vaut sa première nomination à l’Oscar du meilleur acteur. Une célébrité gagnée avec ses poings.

Avec son physique avantageux, et ses rôles de personnages de western ou de militaires courageux, Kirk Douglas s‘érige en héros mythique du cinéma américain. Nous vient l’image du cow-boy moustachu aux cheveux gominés et à la lame meurtrière dans Règlement de comptes à O. K. Corral (1957), ou de son rôle de guerrier aux muscles saillants et à la gueule balafrée dans Les Vikings de Richard Fleischer sorti en 1958. C’est finalement avec le péplum Spartacus (1960), réalisé par Stanley Kubrick qu’il devient le symbole du héros hollywoodien.

Mais derrière sa force apparente, une grande sensibilité transparaît aussi dans ses rôles. On se souvient de cette scène dans Vingt mille lieues sous les mers (1954) où le personnage de Ned Land, harponneur et musicien à la marinière rouge et blanche, chante pour motiver son équipage. Ou de la tendresse de l’artiste néerlandais dans La Vie passionnée de Vincent van Gogh de Vincente Minelli (1956).

Côté récompenses, s’il est nommé en 1956 pour l’Oscar du meilleur acteur dans Les Ensorcelés et La vie passionnée de Vincent Van Gogh, il n’obtiendra la fameuse récompense qu’en 1996, pour couronner un demi-siècle de cinéma:

lefigaro

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