Congo : le patriarche Edo Nganga s’est éteint à 87 ans

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La Rumba congolaise vient de perdre l’un de ses patriarches. Le doyen Édouard Nganga est mort.

Co-fondateur des Bantous de la capitale en 1959, soit un an avant l’indépendance, Edo Nganga était le dernier représentant de l’un des plus vieux orchestres d’Afrique encore sur scène. Aujourd’hui, c’est toute l’Afrique qui lui rend hommage, notamment ses proches collaborateurs.

“Nganga Edo, je me suis sympathisé avec lui, c’était mon grand frère, notre doyen à moi et à tous les autres amis de ma génération. C’est un monsieur, un grand compositeur, un grand chanteur qui aimait vivre avec les jeunes que nous étions à l’époque(…)je vous parle avec beaucoup de pincement au cœur parce que nous avons perdu quelqu’un de valable ; un musicien de haute facture qui aimait les gens. Je peux rassurer les mélomanes que l’orchestre va continuer à vivre”, regrette Mermans Passy Ngongo, guitariste et héritier des Bantous de la capitale.

Sincèrement, c’est une encyclopédie qui s’en va comme ça

Le musicien Kosmos Mountouari qui a par le passé collaboré avec l’illustre disparu affirme avoir appris la nouvelle de la mort de celui qui était également son ami avec amertume.” Vous savez quand on apprend qu’un ami, un parent est parti de l’autre côté, on ne peut pas gambader de joie. C’est la tristesse qui m’anime jusque-là. Sincèrement, c’est une encyclopédie qui s’en va comme ça “ confie-t-il.

Le 15 août 1959, celui qu’on appelait affectueusement “vieux Edo” fonde les Bantous de la capitale avec Dieudonné Nino Malapet, Jean-Serge Essou, Saturnin Pandi (Rock-A-Mambo), Célestin Kouka “Célio”, et Daniel Loubélo “De la lune”. Le groupe mythique des Bantous de la capitale représente une véritable institution au sein du patrimoine musical africain.Il aura bercer diverses générations à travers le continent .

L’artiste meurt, mais ses œuvres demeurent, dit-on. Mermans Passy Ngongo (77 ans) qui a rejoint l’orchestre quatre ans après sa fondation entend perpétuer l‘œuvre laissée par ses prédécesseurs.. “Je suis membre des Bantous de la capitale, je suis même l’héritier parce que tous les co-fondateurs sont partis et il ne nous restait qu’un seul : Edo Nganga, qui vient de nous quitter (…) la jeunesse, est là, on avait fait un recrutement depuis peu, donc la relève est bien assurée”, assure -t-il.

“Indépendance tchatcha”,” Osala ngaï nini”, “Comité Bantou” ou encore “Masuwa” : autant de tubes qui auront marqué plusieurs générations de mélomanes du continent. En 2019, les Bantous de la capitale célébraient leurs soixante ans d’existence. À l’occasion, un documentaire intitulé “Nganga Edo, le dernier des Bantous de la capitale” et réalisé par Paul Soni Benga leur avait été consacré.

“Déjà l’homme en lui-même et l’œuvre qu’il a créée va résister au temps. L’immortaliser ! Je ne sais pas. Déjà, son œuvre l’immortalise puisqu’elle est intemporelle. Jusqu’à 86 ans, il était sur scène. La dernière fois, je l’ai vu danser sur scène à l’Institut français”, affirme le réalisateur congolais.

Décédé le 07 juin à l‘âge de 87 ans des suites d’un malaise, Nganga Edo était pour ses fans, un musicien des deux rives du fleuve Congo. Outre les Bantous de la capitale, il a participé à la création de l’Orchestre Ok Jazz de Franco et Négro Jazz à Kinshasa.

africanews

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