Annulation de concerts et de festivals, fermeture de galerie, de centre culturels entre autres, la culture au Congo est sous la coupe du coronavirus. Fragilisés, les acteurs du secteur tentent de jouer à la résistance.

Espace culturel ‘‘Yaro’‘ à Loandjili, dans le 4e arrondissement de Pointe-Noire au Congo, sur cette scène devraient se produire, du 3 au 7 juin, des artistes musiciens de divers pays africains, à la faveur de Sangu N’dji N’dji.

Le coronavirus en a décidé autrement, l‘édition 2020 de ce festival international des musiques et des arts, n’a pas eu lieu. Une première, en 15 ans. Outre l’impact sur le plan artistique, ce passage à vide a aussi frappé l’Espace culturel Yaro au porte-monnaie. Son responsable est amer.

C’est quand même 5 mois de fonctionnement de l’espace qu’on perd dans notre budget 2020.

‘‘C’est quand même 5 mois de fonctionnement de l’espace qu’on perd dans notre budget 2020. C’est quand même 6 mois de salaire pour 3 personnes qui travaillent sur des postes fixes du festival sur l’année, c’est le regard aussi que nous avons vis-à-vis de l’environnement parce qu’on a des gens qui travaillent pour le festival. On a des personnes qui sont habituées à venir se faire un peu de petit moyen’‘, indique Pierre Claver Mabiala, directeur de l’Espace Culturel Yaro.

À la voûte des artisans, place de la gare centrale de Pointe-Noire, cet artisan tente de repousser les symptômes de la déception pour finaliser cette peinture. Et pour cause, celles déjà exposées peinent à trouver preneur. La covid-19 a bloqué la clientèle aux frontières.

‘‘On est là pour la bonne forme, pour venir peut-être ouvrir simplement. La majorité de nos clients sont des expatriés, ils sont tous partis, nous, on vient juste ouvrir le matin et puis rentrer à la maison’‘, déclare Victorien Ibot Yoka, président artiste peintre.

Le système D est au rendez-vous. Robert Nzaou est photographe. Il prépare l’exposition, ‘’ puddle hunting’‘. Fait inédit, c’est dans son salon qu’elle aura lieu, la crise sanitaire faisant foi.

‘‘Je me suis dit si on ne peut pas avoir une galerie à sa disposition, si on ne peut pas avoir un centre culturel à sa disposition, moi, je crois qu’on a pas le choix. Il est mieux que j’expose le travail chez moi, ici dans une petite salle pour vu que les conditions de sécurité soient’‘.

Plusieurs autres acteurs culturels ont des projets post-crise dans les tuyaux. Pendant le confinement, ils n’ont pas mis leur créativité en veilleuse, bien au contraire.

‘‘Nous avons des actions qui vont nous réconforter. Si le déconfinement est rendu total nous allons commencer avec les ateliers vacances pour les enfants qui ont passé beaucoup de temps à la maison. C’est un programme phare aussi de notre espace nous avons d’autres projets sur lesquels nous allons travailler et chercher des partenariats pour pouvoir les mettre en place’‘, explique Pierre Claver Mabiala, responsable du centre culturel Yaro.

Pour rebondir efficacement, le secteur sollicite aussi une aide ‘‘covid’‘ des pouvoirs publics.

africanews

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