Ces dernières années, les réseaux sociaux ont pris une importance significative dans l’économie de certains pays Africains . Dans ces pays où, le mobile est en plein essor , un pourcentage assez important de la population est dorénavant en mesure de se connecter à Internet. Grâce à l’essor de la téléphonie mobile, cette situation procure de grandes opportunités aux entrepreneurs indépendants mais aussi à certaines sociétés qui opèrent depuis les confins du net.
Après le référendum sur le Brexit, Cambridge Analytica a su profiter des eaux troubles du marketing pour mener ses activités dans les quatre coins du monde . En raison de ses nouvelles révélations, le groupe américian vient de se voire infliger une amende de 9 millions de dollars au Canada. Le Bureau de la concurrence canadien reproche à Facebook d’avoir faussement fait croire aux Canadiens pendant sept ans qu’il ne partagerait pas leurs données personnelles avec des tiers. D’après les observations du Bureau de la concurrence Canadien , Facebook a donné l’impression à ses utilisateurs de protéger leurs informations personnelles. Toutefois, il s’avère que la firme qui a son siège social à Menlo Park proche de Palo Alto, a permis à certains développeurs d’utiliser les messages publiés sur Facebook et Messenger entre 2012 et 2018. Pour le contrôleur Canadien , cette pratique est contraire à la loi en vigeur au Canada . De plus, Facebook aurait fourni de fausses informations et des renseignements trompeurs sur la façon dont elle protégeait la vie privée des utilisateurs canadiens. En Australie également, Facebook est sous le feu des critiques . En effet, le commissariat australien de l’information mentionne que les données de plus de 300.000 Australiens ont été vendues à des tiers. Ces données seraient notamment utilisées pour déterminer quelles annonces politiques doivent être montrées aux citoyens du pays à leur insu . Si le Canada et l ‘Australie sont sur le qui-vive, il convient de dire que le scandale Cambridge Analytica n’a pas épargné l’Afrique non plus . Lors des élections Kenyanes de 2013 et 2017 ainsi que lors du processus électoral de 2015 au Nigeria , la firme anglaise de communication stratégique aurait mené de bout en bout ses activités.

En Afrique de l’ouest, il en est de même pour la compagnie Quintly. Lors des élections présidentielles de 2018 au Mali, cette startup qui propose un outil d’analyse statistique spécialisé dans les données sociales et en particulier provenant des pages Facebook, a mené une étude sur les habitudes des mobinautes maliens de janvier 2018 à Avril 2018.
L’étude du cabinet Quintly de 2018 au Mali a eu lieu avant l’élection présidentielle qui a connu la participation de Soumaïla Cissé . Ce dernier a été enlevé le 25 mars 2020 alors qu’il se déplaçait dans son fief électoral , en pleine campagne pour les élections législatives du 29 mars 2020.
Le Dr Qemal Affagnon estime que le travail du cabinet Quintly sur le Mali fait partie des nombreuses études de cas en relation avec l’impact des réseaux sociaux et des télécoms sur la gouvernance en Afrique . Pour le responsable Afrique de l’Ouest de l’ONG Internet Sans Frontières, les hommes politiques ont pris conscience du poids et de l’influence des télécoms sur le continent Africain. Selon le Dr Qemal Affagnon ” certains pays commencent d ’ailleurs à mettre en place des politiques publiques qui s’appuient directement sur les télécoms dans les secteurs de la fiscalité , du logement , des transformations urbaines et de l ’aménagement du territoire “. Le Dr Qemal Affagnon précise qu’en RDC par exemple tout utilisateur d’un téléphone mobile devra désormais payer une taxe de 1 ou 7 dollars US via son opérateur téléphonique. La taxe de 1 dollar USD est fixée par le régulateur Congolais pour les appareils mobiles 2G et celle de 7 USD pour les appareils mobiles 3G, 4G et plus. Cependant, le Dr Qemal Affagnon qui a séjourné à Kinshasa en qualité d’observateur électoral dans le cadre du scrutin du 30 décembre 2018, estime que le prochain enjeu consiste désormais à protéger les données produites par les utilisateurs congolais face aux nouvelles activités issues de partenariat public privé.
Au-delà de la frange de la population qui possède un téléphone en Afrique, le responsable Afrique de l’Ouest de l’ONG Internet Sans Frontières rappelle qu’ il ya de plus en plus de personnes qui font du commerce sur les réseaux sociaux . Face aux échecs de l’intervention des pouvoirs publics, Facebook s’intéresse à toutes ces personnes et pourrait donc exploité ces lacunes à des fins d’intelligence économique ou même politique. A travers son intention de travailler avec les gouvernements africains,Facebook a mis sur pied un projet dont le but est de former des entrepreneurs et des micro-entrepreneurs. Lors de la récente chute des cours boursiers consécutive à la crise sanitaire du Covid-19, le fonds Public saoudien Investiment Fund , qui gère la bagatelle de 300 milliards de dollars d’actifs fonds en a profité pour investir plusieurs centaines de millions de dollars dans le réseau social qui arbore un logo bleu.
Laurent Batonga

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