Le 34e anniversaire de la disparition du Pr Cheikh Anta Diop a été commémoré ce vendredi 07 février 2020. Historien et anthropologue de formation, il apparaît comme l’un des plus grands intellectuels que le Sénégal ait connus. Ses convictions et ses idéaux révolutionnaires vont le porter sur le toit de l’Histoire de l’humanité notamment celle de l’Afrique noire. Spécialiste de l’Egypte antique, il a œuvré pour la valorisation de la civilisation africaine et la révision de tout ce qui a été enseigné jusque-là. Il décède le 7 février 1986.

« Cheikh Anta Diop naît en 1923 dans un petit village du Sénégal, Caytou. L’Afrique est sous la domination coloniale européenne qui a pris le relai de la traite négrière atlantique commencée au 16ème siècle. La violence dont l’Afrique est l’objet, n’est pas de nature exclusivement militaire, politique et économique. Théoriciens (Voltaire, Hume, Hegel, Gobineau, Lévy Bruhl, etc.) et institutions d’Europe (l’institut d’ethnologie de France créé en 1925 par L. Lévy Bruhl, par exemple), s’appliquent à légitimer au plan moral et philosophique l’infériorité intellectuelle décrétée du Nègre. La vision d’une Afrique anhistorique et atemporelle, dont les habitants, les Nègres, n’ont jamais été responsables, par définition, d’un seul fait de civilisation, s’impose désormais dans les écrits et s’ancre dans les consciences. L’Égypte est ainsi arbitrairement rattachée à l’Orient et au monde méditerranéen géographiquement, anthropologiquement, culturellement », renseigne le site cheikhantadiop.net.

C’est donc dans un contexte singulièrement hostile et obscurantiste que Cheikh Anta Diop est conduit à remettre en cause, par une investigation scientifique méthodique, les fondements mêmes de la culture occidentale relatifs à la genèse de l’humanité et de la civilisation. La renaissance de l’Afrique, qui implique la restauration de la conscience historique, lui apparaît comme une tâche incontournable à laquelle il consacrera sa vie.

« C’est ainsi qu’il s’attache, dès ses études secondaires à Dakar et St Louis du Sénégal, à se doter d’une formation pluridisciplinaire en sciences humaines et en sciences exactes, nourrie par des lectures extrêmement nombreuses et variées. S’il acquiert une remarquable maîtrise de la culture européenne, il n’en est pas moins profondément enraciné dans sa propre culture. Sa parfaite connaissance du wolof, sa langue maternelle, se révèlera être l’une des principales clés qui lui ouvrira les portes de la civilisation pharaonique. Par ailleurs, l’enseignement coranique le familiarise avec le monde arabo-musulman », explique le site internet.

Dans son premier grand ouvrage Nations nègres et Culture, Cheikh Anta Diop démontre en particulier que l’Egypte ancienne appartient au monde négro-africain. Passionné par la civilisation du continent africain, il sera du comité de rédaction de l’Histoire générale d’Afrique dans les années 1970. Précurseur dans la recherche de l’histoire africaine précoloniale, Cheikh Anta se donnera les moyens nécessaires de poursuivre ses réflexions en créant, dès 1966, le premier laboratoire de datation des fossiles archéologiques au radiocarbone dénommé « Carbonne 14 ». Il poursuit ainsi ses recherches dans ce laboratoire sis à l’université de Dakar, celle-là même qui portera son nom après son décès.

vonews.net

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