Funmilayo Ransome-Kuti (1900-1978), cheffe activiste des mouvements éducatifs et anticoloniaux du Nigeria, a fondé l’Union des femmes d’Abeokuta en 1944. Cette organisation de femmes, l’une des plus importantes du 20e siècle, a regroupé plus de 20 000 membres et milité pour la protection et la promotion des droits des femmes.

Mère de l’illustre musicien Fela Kuti, celle que l’on appelle « la mère du droit des femmes » est moins connue pour ses faits d’armes que pour l’oeuvre de son fils, sur lequel elle eu pourtant une influence déterminante. En offrant au passage une magnifique leçon aux tenants d’une représentation soumise de « la femme africaine », féministes occidentales comprises.

“Première étudiante féminine de l’Abeokuta Grammar school. Première femme à conduire une voiture au Nigeria. Unique femme de la délégation nigériane à la Conférence institutionnelle de Londres chargée de négocier l’accession du Nigeria à l’indépendance en 1953, les titres ne lui manquent pas”, renseigne jeuneafrique.

De ses parents, Funmilayo reçu une éducation stricte, à la lisière des cultures africaine (yoruba) et européenne (chrétienne). À son retour de Londres en 1922, où elle poursuivit ses études, elle abandonna son nom anglais, Frances Abigail, pour celui de Funmilayo, qui signifie : « Donne-moi du bonheur » en yoruba.

“Le combat de Funmilayo pour les droits des femmes débute en 1923, avec la création de l’Abeokuta Ladies Club destiné en premier lieu à l’apprentissage de travaux manuels et à des actions de charité… Consciente du caractère élitiste du club et des injustices coloniales qui touchent les commerçantes, le mouvement impulsé par Funmilayo s’élargit progressivement pour y accueillir des femmes de toutes les origines sociales. Enseignante, elle fait de l’alphabétisation une priorité, et une arme pour la mobilisation”, relate jeuneafrique..

Le site d’information ajoute : “Ainsi en 1949, l’Abeokuta Ladies Club devient l’Abeokuta Women Union et rassemble les femmes au-delà des frontières linguistiques et culturelles : le yoruba devient la principale langue de communication et le port des tenues traditionnelles (plutôt qu’européenne), une condition sine qua non”.

Si elle s’est construite à partir de problématiques locales, l’association devient progressivement un modèle d’organisation à l’échelle nationale et rassemble 20 000 femmes de régions différentes (Calabar, Aba, Benin, Lagos, Ibadan, Enugu, et même Kano).

“S’élevant contre les impositions directes, la corruption du système juridique colonial et la brutalité des réquisitions menées par les autorités, l’Union des Femmes organise des cortèges revendicatifs dans les rues d’Abéokuta, n’hésitant pas à se moquer de la lâcheté des hommes qui n’osent pas y prendre part. ”Pas d’imposition sans représentation !” chantent-t-elles en chœur marchant vers le Palais de l’Alake, Roi yoruba à la solde des colonisateurs”, explique jeuneafrique.

Le site d’information poursuit : “En avril 1948, elles obtiennent la suspension de la taxe imposée aux femmes et une amélioration provisoire de leur représentation politique. Elles réalisent alors la force du pouvoir de la lutte collective. Le 3 janvier 1949, l’Alake abdique sous la pression”.

Fallou Fall pour vonews.net

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