Dimanche à Londres, où il s’est rendu pour assister au sommet Royaume-Uni-Afrique, le président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi avait brandi la menace d’une dissolution de l’Assemblée nationale en cas de crise avec ses partenaires. Mais la réaction de la présidente des parlementaires ne s’est pas fait entendre. « Il ne faut pas jeter en pâture au public des articles de la Constitution au risque de provoquer des incompréhensions et des malentendus », a réagi Jeanine Mabunda. La cheffe de l’hémicycle a révélé qu’elle avait abordé la question de la dissolution lors d’un « entretien-vérité » avec le chef de l’État le 13 janvier, en présence du président du Sénat, Alexis Thambwe Mwamba, lui aussi issu de la formation politique de Joseph Kabila. Sa réponse a engendré une colère noire chez les souteneurs de l’actuel chef d’Etat de la RDC.

Seule candidate au poste de présidente de l’Assemblée nationale, portée par la coalition Front commun pour le Congo (FCC) de l’ancien président Joseph Kabila et du Cap pour le changement (Cach) du président Félix Tshisekedi, Jeanine Mabunda Lioko est devenue, en avril 2019, la deuxième femme à diriger la chambre basse du parlement. La première était Philomène Omatuku, qui avait dirigé l’Assemblée Constituante et Législative – Parlement de Transition (ACL-PT) comme présidente intérimaire de février à août 2003.

Détentrice d’une licence de Droit de l’Université catholique de Louvain, en Belgique, et d’une licence en Sciences commerciales de l’Institut catholique des hautes études commerciales (ICHEC) de Bruxelles, elle est réputée au sein de son parti pour son « pragmatisme » et « sa capacité à fédérer les différentes opinions dans le respect de la diversité », affirme l’un de ses proches.

«Elle a commencé sa carrière professionnelle en 1988 à la Citibank Congo, où elle a œuvré durant cinq ans comme gestionnaire de compte, chargée des relations avec les grands comptes et analyste crédit. De 1997 à 2000, elle a été conseillère du gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC). En 2002, elle passe au Fonds de promotion de l’industrie (FPI), comme administratrice – déléguée générale, où elle restera jusqu’en 2012. Elle y introduira plusieurs changements dans la gouvernance, et y travaillera notamment à élargir l’accès des populations de l’arrière-pays à ce guichet de financement des petites et moyennes entreprises industrielles. Une expérience qui l’a amenée à sillonner le Congo profond et à se confronter aux besoins criants de développement locaux des Congolais ordinaires », renseigne jeuneafrique.com.

Le 5 février 2007, elle est nommée ministre du Portefeuille de l’État, chargée notamment de la réforme des entreprises publiques. Puis le 9 juillet 2012, le président Joseph Kabila la nomme conseillère spéciale en matière de lutte contre les violences sexuelles, loin de ses sujets dans lesquels elle a exercé ses activités, et dans un domaine où la république démocratique du Congo a mauvaise réputation. Elle est élue députée en 2011 et réélue en 2018. Le 24 avril 2019, elle est élue présidente de l’Assemblée nationale pour la troisième législature de la troisième République, succédant ainsi à Aubin Minaku.

Fallou Fall pour vonews.net

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