La Linguère Ndaté Yalla Mbodj (1810-1860) est la dernière grande reine du Walo, un royaume situé dans le Nord-Ouest de l’actuel Sénégal. C’est une héroïne de la résistance à la colonisation française dans l’Afrique de l’Ouest du 19ème siècle.
Fille de Fatim Yamar Khouriaye Mbodj et d’Amar Fatim Borso, Ndaté Yalla Mbodj nait en 1810 dans le royaume du Waalo, issu de l’éclatement de l’empire wolof du Djolof et situé sur le delta du fleuve Sénégal. Elle appartient à la famille Tédiek, qui a construit sa fortune et sa puissance sur le commerce et les échanges avec les comptoirs français, déjà bien implantés en Afrique.

« En 1816, le Brack (souveraine) Kouly MBaba Diop meurt et la linguère (mères, sœurs, cousines des souverains) Fatim Yamar, sa cousine, lui succède. Son mari, Amar Fatim Borso devient le Brack du Waalo. Formées pour diriger le peuple, militairement comme politiquement, les linguères sont aptes à prendre soin du royaume », renseigne histoireparlesfemmes.com.

Le site au-senegal.com explique : « Ndaté Yalla a succédé, sur le trône du Walo, à sa soeur aînée Ndjeumbeut Mbodj à son décès en octobre 1846. On disait d’elle qu’elle était belle, élégante, intelligente et forte. ‘’La dernière souveraine du Walo dirigea le Royaume d’une main de fer, refusant toujours l’hégémonie des Français qu’elle ne cessera de défier fièrement durant tout son règne. Car, pensait elle, ce pays était à elle seule’’, raconte Abdou Khadre Gaye, chercheur-écrivain. Ainsi, elle mena contre eux et contre les Maures plusieurs batailles ».

En 1847, elle réclama un droit de passage des bergers Soninkés qui ravitaillaient l’île de Saint-Louis en bétail. Dans une lettre au gouverneur, elle écrit ceci : « C’est nous qui garantissons le passage des troupeaux dans notre pays. Pour cette raison, nous en prenons le dixième et nous n’accepterons jamais autre chose que cela ». Sur ce, le président de l’Emad souligne que « Ndaté Yalla n’hésita pas à diriger des assauts contre Saint-Louis et à menacer le gouverneur français. Ainsi, finit-elle par faire prévaloir ses droits sur l’île de Mboyo et l’île de Sor que Faidherbe voulut annexer ». Le 5 novembre 1850, elle interdit même tout commerce dans les marigots de sa dépendance qui en constituaient les escales. Ce qui poussa les Français à bout. Mais, comme on le sait, le projet d’annexion du Sénégal avait fini de mûrir.

D’après le site internet, Faidherbe le lança, en février 1855, à la bataille de Diouboulou, contre les troupes de la reine Ndaté Yalla qui, au plus fort des combats, ainsi harangua ses troupes : « Aujourd’hui, nous sommes envahis par les conquérants. Notre armée est en déroute. Les guerriers du Walo, si vaillants soient-ils, sont presque tous tombés sous les balles de l’ennemi. L’envahisseur est plus fort que nous, je le sais, mais devrions-nous abandonner le Walo aux mains des étrangers ? ». « Non ! », lui répondirent ses troupes.

Hélas, ils furent vaincus par la puissance technologique de l’ennemi. La capitale Nder, ajoute notre chercheur, fut prise et brûlée ainsi que plus de 40 villages, dont Ndombo et Mbilor. Plus de 100 résistants furent tués et près de 150 faits prisonniers. La Reine et ses partisans s’exileront à Ndimb à la frontière du Walo avec le Ndiambour. De retour d’exil, elle mourut, en 1860, à Dagana où elle fut enterrée. « Cet épisode marqua le début de la colonisation du Sénégal et de l’Afrique », annonce Abdou Khadre Gaye, cité par le site au-senegal.com.

vonews.net

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