Hong Kong : des dirigeants sanctionnés, nouvelle escalade entre Pékin et Washington

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Washington a encore durci son affrontement avec Pékin en adoptant des sanctions contre onze dirigeants hongkongais, dont la cheffe de l’exécutif Carrie Lam. Des mesures radicales ont parallèlement été prises contre les entreprises chinoises TikTok et WeChat.

Le ton monte entre Washington et Pékin, après que les États-Unis ont adopté des sanctions contre 11 dirigeants hongkongais, dont la cheffe de l’exécutif Carrie Lam. Parallèlement, des mesures radicales ont été prises contre les joyaux du numérique chinois TikTok et WeChat.

Le gouvernement américain a annoncé vendredi le gel des avoirs de Carrie Lam, des secrétaires à la Sécurité et à la Justice ou encore du chef de la police, accusés de chercher à restreindre l’autonomie du territoire et “la liberté d’expression ou de réunion” de ses habitants.

“Les États-Unis soutiennent le peuple de Hong Kong et nous utiliserons nos outils et nos autorités pour cibler ceux qui portent atteinte à son autonomie”, a déclaré le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin.

Un haut responsable de Hong Kong, le secrétaire au Commerce Edward Yau, a qualifié de “sauvages, disproportionnées et déraisonnables” ces sanctions. “Si les États-Unis mènent unilatéralement ce type d’action déraisonnable, cela finira par affecter les entreprises américaines”, a-t-il averti.

Un peu plus tard, le bureau de représentation du gouvernement chinois à Hong Kong a lui aussi condamné les sanctions américaines, les jugeant “barbares et grossières”. “Les néfastes intentions des politiciens américains de soutenir des personnes qui sont antichinoises et de semer le désordre à Hong Kong ont été révélées au grand jour”, a déclaré ce bureau dans un communiqué.

Le bras de fer se durcit depuis juin

Les sanctions américaines sont une réponse à l’adoption par la Chine, en juin, d’une loi sur la sécurité nationale dans l’ancienne colonie britannique qui, selon ses détracteurs, entraîne un recul des libertés inédit depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine par le Royaume-Uni, en 1997.

En représailles, le président américain Donald Trump avait annoncé à la mi-juillet la fin du régime économique préférentiel accordé par les États-Unis au territoire autonome, centre financier international majeur, et avait promulgué une loi prévoyant des sanctions contre des responsables hongkongais et chinois.

Entre-temps, le climat s’est envenimé entre les deux grandes puissances. Accusant la Chine d’espionnage, Washington a fait fermer son consulat à Houston (Texas), et la Chine a pris possession du consulat des États-Unis à Chengdu, dans le sud-ouest de la Chine.

Les États-Unis ont également pris parti contre Pékin dans les différends territoriaux en mer de Chine méridionale et l’ont accusé de violer les droits de la minorité musulmane ouïghoure.

Mais c’est dans la sphère technologique que le durcissement est le plus radical. Donald Trump a signé jeudi un décret interdisant, d’ici 45 jours, toute transaction “des personnes sous juridiction américaine” avec ByteDance, la maison mère chinoise de l’application TikTok.

Le président américain a également adopté un décret similaire concernant la plateforme WeChat, qui appartient au géant chinois Tencent et est omniprésente dans la vie des Chinois. Donald Trump a invoqué une “urgence nationale”, accusant les deux applications d’espionner leurs utilisateurs américains pour le compte de Pékin.

Les États-Unis “mènent une manipulation et une répression politiques arbitraires, ce qui ne pourra déboucher que sur leur propre déclin moral et sur une atteinte à leur image”, a affirmé vendredi un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin.

Avec AFP

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