Au Kenya, les nuées de criquets qui ravagent le nord du pays ont déjà détruit des dizaines de milliers d’hectares et font planer le spectre d’une crise alimentaire massive. Un phénomène que le pays n’a pas connu depuis les années 1960.

À 9 heures du matin, les trois employés du comté sautent dans leur voiture. L’essaim de criquets qu’ils poursuivent vient de se réveiller et part en quête de nourriture.

Voir les autres Tweets de Sébastien Németh

« On repère la nuée en suivant les indications des communautés locales. On traque les criquets jusqu’en fin de journée, pour voir où ils vont dormir. Puis on envoie les coordonnées aux équipes aériennes pour une pulvérisation de pesticide le matin. Moi j’habite à 100km d’ici. Ça fait trois jours maintenant que je dors dans la brousse », explique Albert Lemasuli qui est chargé de la surveillance au sol.

L’équipe s’arrête, demande aux villageois par où sont passés les criquets. Hussein Abdoulaye a vu la nuée s’abattre. Il regarde désespéré un champ de son village littéralement dévoré. « Ce champ était tout vert. Regardez maintenant, il est détruit, comme si tout avait été brûlé par une sécheresse. Les criquets ont tout mangé. On ne peut plus faire venir nos animaux ici, il n’y a plus rien ».

Sébastien Németh@SebastienNemeth

invasion. Ground team from Isiolo county chasing swarms all day, to know where they sleep, send coordonates for airspray early morning. East

Voir l'image sur TwitterVoir l'image sur TwitterVoir l'image sur Twitter
Voir les autres Tweets de Sébastien Németh

L’équipe repart, croise l’essaim qui ne s’arrête pas.Les criquets cherchent les sites de végétation plus dense. Les employés du comté les poursuivent tant bien que mal, avec Joseph Leno au volant. « C’est difficile. On les poursuit toute la journée et les routes sont mauvaises. Souvent on doit s’enfoncer dans la brousse. On ne sait jamais quelle direction les criquets vont prendre et ils changent tout le temps. Heureusement je suis de la région », raconte l’homme.

En fin d’après-midi, l’essaim s’est arrêté pour dormir. L’équipe envoie les coordonnées à l’aéroport qui pulvérisera du pesticide le matin. La course-poursuite reprendra demain, pour voir si le produit a fait effet.

rfi

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here