Madagascar compte désormais moins de 10% de forêts originelles, ce qui met en danger les lémuriens en danger d’extinction. Le président Rajoelina a lancé une campagne de reboisement pour inverser la tendance. Pour les défenseurs de l’environnement, cette initiative doit être couplée à d’autres décisions.

Depuis des décennies, le professeur Jonah Ratsimbazafy, président du Gerp, le Groupe d’étude et de recherche sur les primates de Madagascar, se bat pour la survie des quelques 112 espèces endémiques de lémuriens qui peuplent l’île. L’animal emblème de Madagascar est en effet menacé aujourd’hui d’extinction.

Autrefois île verte, la Grande Île est désormais surnommée « l’Île Rouge » pour ses sols mis à nu. Le chercheur a donc applaudi l’ambition de replanter 60 millions d’arbres en un an. Mais il prévient : « Les forêts d’eucalyptus, d’acacias et de pins ne sont pas des forêts naturelles. Ce sont des forêts pour des koalas, pas pour des lémuriens ! Or, les touristes viennent à Madagascar pour voir les lémuriens… dans leurs habitats naturels ! Donc replanter : oui. Mais on doit coûte que coûte protéger les forêts naturelles restantes ! »

Le lémurien, un allié de la biodiversité

Les lémuriens sont des jardiniers bénévoles de la forêt, rappelle Jonah Ratsimbazafy. En ingérant des graines, les petits primates contribuent via leurs excréments à la dispersion des graines et à leur germination, augmentant ainsi la capacité des arbres à se régénérer. Une aide à la reforestation immense et gratuite, précise-t-il, avant d’ajouter : « Actuellement, le monde attend que le président signe la Déclaration d’Ivato qui devait avoir lieu le 22 janvier 2020, mais qui a été reporté à une date ultérieure. »

Une déclaration rédigée en août dernier lors de la 56e réunion annuelle de l’Association pour la biologie et la conservation tropicale, dans laquelle la communauté scientifique internationale demande aux décideurs du pays de prendre cinq engagements : lutter contre la criminalité environnementale, investir dans les aires protégées de Madagascar, limiter les impacts sur la biodiversité des projets d’infrastructure, renforcer les droits sur les ressources naturelles des populations locales et gérer la crise croissante du bois de chauffe sur l’île.

rfi

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