Le chef de l’opposition malawite Lazarus Chakwera a prêté serment dimanche comme président, au lendemain de la proclamation de sa victoire au scrutin organisé à la suite de l’annulation de la réélection en 2019 du sortant Peter Mutharika.

“Je jure solennellement de remplir les fonctions de président de la République du Malawi et de préserver et défendre la Constitution”, a déclaré M. Chakwera lors d’une cérémonie à Lilongwe, la capitale de ce petit pays d’Afrique australe.

Le vice-président Saulos Chilima, qui avait rompu avec M. Mutharika et s’est allié au chef de l’opposition, a également prêté serment en tant que vice-président.

Le Malawi est le deuxième pays d’Afrique subsaharienne à avoir annulé une élection présidentielle, après le Kenya en 2017.

Plus de 4 millions d‘électeurs ont voté mardi pour la deuxième fois en un an, après l’annulation de la réélection de M. Mutharika en mai 2019 en raison de fraudes massives.

Au terme de quatre longues journées de dépouillement, le président de la Commission électorale (MEC) Chifundo Kachale a confirmé la large victoire de M. Chakwera, un ancien pasteur évangéliste de 65 ans, avec 58,57% des suffrages.

Il devance Peter Mutharika, 79 ans, au pouvoir depuis 2014, de plus de 800.000 voix. Une foule en liesse a salué cette prise de fonctions par des chants et des cris de joie.

“Désir de changement”

S’adressant à ses concitoyens, le nouveau président les a remerciés de lui avoir fait cet honneur, se disant “empli d’une joie indescriptible”.

“C’est un honneur forgé au creuset de votre désir et de votre aspiration au changement”, a ajouté M. Chakwera.

Dans un discours sur la place de la Liberté de Lilongwe, il s’est engagé à rétablir “la confiance dans la possibilité d’avoir un gouvernement au service” de la population, mais aussi à être le président de tous les Malawites, y compris de ceux qui n’ont pas voté pour lui.

Le nouveau président a fait campagne en dénonçant l‘échec économique et la corruption du régime de M. Mutharika.

Le chef de l’Etat sortant ne s’est pas exprimé depuis la proclamation de sa défaite, mais quelques heures auparavant il avait dénoncé des irrégularités lors du vote.

Son Parti démocratique progressiste (DPP) a lui exigé l’annulation pure et simple des résultats, laissant augurer d’une nouvelle bataille devant la justice.

Mais la MEC a rejeté ces affirmations, assurant que toutes les plaintes avaient été traitées. Et des analystes politiques interrogés par l’AFP se sont dits très sceptiques sur l‘éventualité d’une troisième élection.

Lors du scrutin disputé de mai 2019, la MEC avait proclamé la victoire de Peter Mutharika, avec 38,57% des suffrages contre 35,41% à Lazarus Chakwera.

Mais le chef de l’opposition avait contesté ces résultats et ses partisans étaient descendus dans la rue pendant plusieurs mois pour obtenir l’annulation du scrutin. Leurs manifestations avaient été le théâtre de fréquentes violences avec les forces de l’ordre.

En février 2020, la Cour constitutionnelle a finalement donné raison à l’opposition en invalidant les résultats pour cause “d’irrégularités généralisées et systématiques” et en ordonnant la tenue d’un nouveau scrutin.

AFP

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