Plusieurs organisations de la société civile, dont l’Association des professionnels soudanais, fer-de-lance de la révolution de 2019, avaient appelé à protester jeudi contre des mises à la retraite jugées abusives d’officiers de l’armée qui avaient pris parti pour la contestation contre le régime d’Omar el-Béchir.

Au Soudan, une figure de la révolution, Mohammad al-Sadiq, a été contrainte à la retraite, en compagnie de 78 autres officiers et sous-officiers. Ce sous-lieutenant s’était fait connaître, début avril 2019, en étant le premier militaire à rejoindre les rangs des révolutionnaires devant le quartier général de l’armée, avant la chute d’Omar el-Béchir.

Pour protester contre cette mesure, le 20 février, à la surprise de beaucoup d’observateurs, plusieurs centaines de personnes sont descendues dans les rues du centre-ville de Khartoum, non loin de la présidence.

L’ambiance s’est assez vite tendue, selon un témoin. Des grenades lacrymogènes ont été tirées pour disperser la foule. La police a chargé à coups de matraque et des tirs ont été entendus. Une première depuis le début de la transition l’année dernière. Selon le syndicat des médecins soudanais, 19 manifestants ont été blessés, l’un d’eux par balle réelle, un autre par une balle en caoutchouc.

Répression dénoncée

La répression a été aussitôt dénoncée par l’Association des professionnels soudanais, qui a demandé des comptes, notamment la démission du ministre de l’Intérieur nommé par les militaires et du directeur de la police.

Même les Forces pour la liberté et le changement, la composante civile du gouvernement de transition, ont condamné la répression et demandé au Premier ministre d’ouvrir une enquête pour en identifier les responsables.

rfi

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