Le Zimbabwe a suspendu ses opérations de bourse ainsi que toutes les transactions monétaires par téléphone portable.

Le président-directeur général de la Bourse nationale Justin Bgoni, a déclaré dimanche dans un communiqué que les transactions étaient suspendues jusqu‘à nouvel ordre.

Cette décision intervient en raison de la spéculation qui, selon le gouvernement, à précipité la chute du dollar zimbabwéen, inaugurant un nouvel épisode de l’interminable dégringolade de l‘économie du pays.

Ce qui a poussé l’Etat à annoncer une série de mesures destinées à “faire face aux malversations, à la criminalité et au sabotage économique”.

Cette décision, de suspendre les paiements mobiles affectera durement l‘économie de l’avis des experts. L’argent mobile est largement utilisé comme mode de paiement des biens et services.

Et selon les données de la banque centrale, plus de 80 % de toutes les transactions sont effectuées par téléphone en raison d’une pénurie de billets.

“Rouvrir rapidement”

“C’est un coup de plus porté à l‘économie dont personne ne peut prédire les conséquences à long terme”, a souligné le Pr Tony Hawkins, économiste à l’université du Zimbabwe, “ça va causer de l’incertitude et affecter négativement la confiance des investisseurs”.

“Ne pas ouvrir la bourse est dangereux, ils doivent la rouvrir rapidement”, a souligné M. Dhlela.

La suspension des transactions par téléphone, devenues le principal moyen de paiement dans les commerces en raison de la rareté des liquidités, a suscité de commentaires partagés lundi dans les rues de la capirale.

Les agents qui vivaient de ces services “vont se retrouver sans source de revenu”, a noté à l’AFP un résident de Harare, Beavan Chirime.

“Nous, les gens ordinaires n’avons rien à perdre” avec cette suspension, a relevé un autre, Wright Chirombe. “Certains de ces agents étaient liés à la bourgeoisie et en profitaient pour investir de grosses sommes d’argent dans les transactions illégales sur les devises”.

L’inflation annuelle a atteint des sommets à 785,6%, selon les dernières statistiques officielles.

“Détracteurs politiques”

Mercredi dernier, le prix des carburants à la pompe s’est envolé de près de 150%.

Conjuguée à une sécheresse récurrente depuis plusieurs saisons, le retour de l’hyperinflation a placé la moitié des 15 millions d’habitants du pays en situation d’insécurité alimentaire, selon l’ONU.

Le président Emmerson Mnangagwa a succédé en 2017 à Robert Mugabe, au pouvoir pendant trente-sept ans, en s’engageant à relancer la machine économique. Ses promesses sont restées lettre morte.

Dans un discours récemment prononcé devant les cadres du parti au pouvoir, M. Mnangagwa a lui aussi mis en cause des “détracteurs politiques” qu’il n’a pas nommés, les accusant d’un “projet malfaisant”.

Les perspectives de l‘économie zimbabwéenne se sont encore obscurcies avec la pandémie de Covid-19. La Banque mondiale table déjà sur une contraction de 10% du produit intérieur brut (PIB) en 2020.

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