TotalEnergies a installé une centrale photovoltaïque de 7,1 MW sur son chantier de GNL d’Afungi, dans la province de Cabo Delgado, au Mozambique, selon energynews. pro. Le dispositif vise à fournir de l’électricité sur site pour des usages industriels et logistiques, dans un contexte où les grands chantiers isolés recourent encore largement à des groupes électrogènes. À Afungi, l’intégration du solaire s’inscrit dans une organisation énergétique hybride, pensée pour la continuité de service d’un site de construction soumis à des contraintes de sécurité et d’approvisionnement.
TotalEnergies déploie 7,1 MW photovoltaïques sur la zone industrielle d’Afungi
L’installation annoncée porte sur une puissance de 7,1 MW, dimensionnée pour contribuer à la consommation électrique d’un chantier GNL en phase de construction. Sur un site comme Afungi, l’électricité alimente typiquement l’éclairage, les bases-vie, les ateliers, des équipements de manutention et une partie des systèmes auxiliaires. La logique est de substituer une fraction de l’électricité produite localement par des groupes diesel, tout en conservant des moyens pilotables pour les pointes et pour les périodes sans soleil.
Le choix d’un déploiement solaire sur site répond aussi à une réalité géographique. Afungi se situe dans une zone éloignée des grands centres urbains, où l’accès au réseau et la stabilité de fourniture peuvent constituer un sujet opérationnel. Un champ photovoltaïque, associé à une architecture de distribution interne, permet d’apporter une production locale prévisible sur la journée, avec une maintenance relativement standardisée, à condition d’anticiper les contraintes de poussière, de chaleur et de corrosion saline.
D’un point de vue industriel, une puissance de 7,1 MW reste modeste à l’échelle d’un complexe GNL en exploitation, mais elle devient significative sur un chantier, où la consommation est structurée par des cycles d’activité et des besoins temporaires. La production photovoltaïque couvre rarement l’intégralité d’une demande continue, mais elle peut réduire le nombre d’heures de fonctionnement des générateurs, ce qui pèse sur la facture carburant et sur la logistique d’acheminement.
Dans une région où la sécurité des convois et la disponibilité des routes peuvent devenir des facteurs de risque, diminuer les rotations liées au diesel relève d’un objectif opérationnel autant qu’environnemental. La solution repose sur un pilotage électrique capable d’intégrer une production variable, avec des règles claires de bascule vers la génération thermique lorsque la charge l’exige.
Le chantier d’Afungi constitue un cas d’école, celui d’un grand projet énergétique qui ajoute une composante renouvelable directement sur site, sans attendre une amélioration structurelle des infrastructures locales. Ce type d’intégration, de plus en plus observé sur les bases industrielles, repose sur une approche pragmatique, produire localement quand c’est possible, sécuriser l’alimentation en toutes circonstances.
Le solaire réduit l’usage des groupes électrogènes sur un chantier GNL isolé
Sur les chantiers lourds, l’électricité provient souvent de groupes électrogènes alimentés au diesel, choisis pour leur flexibilité et leur capacité à délivrer une puissance stable. Le solaire, en injectant une production en journée, permet de réduire une partie de la génération thermique quand les conditions de charge le permettent. Le gain ne se mesure pas seulement en litres de carburant, mais aussi en maintenance évitée, les moteurs tournant moins longtemps, les vidanges s’espacent et l’usure diminue.
La réduction de l’usage des générateurs entraîne également un effet sur la qualité de l’air local et sur le bruit, un sujet important dans les bases-vie. Dans les environnements industriels, la baisse des nuisances sonores améliore les conditions de travail, notamment la nuit, où l’éclairage de sécurité et certaines opérations doivent rester alimentés. Même si les générateurs restent indispensables comme secours, ils peuvent être priorisés sur les plages où le photovoltaïque ne produit pas.
Techniquement, l’intégration d’une centrale de 7,1 MW suppose une gestion de la variabilité. La production dépend du rayonnement, de la température et de l’encrassement des panneaux. La commande électrique doit éviter les instabilités, surtout sur un micro-réseau industriel où la moindre fluctuation peut impacter des équipements sensibles. L’équilibre passe par une régulation fine, des protections adaptées, et une coordination avec les sources pilotables, générateurs ou éventuellement stockage si le site en est doté.
Sur le plan économique, la substitution partielle du diesel dépend du prix rendu sur site, du coût de transport, des risques de rupture, et de la durée d’exploitation prévue du dispositif photovoltaïque. Dans un chantier qui s’étale sur plusieurs années, l’amortissement devient plus lisible, surtout si le champ solaire peut continuer à servir ensuite à l’exploitation ou à des installations annexes. L’intérêt augmente lorsque le carburant est cher à acheminer ou lorsque les contraintes de sécurité limitent les livraisons.
Le déploiement sur Afungi illustre une tendance, les industriels cherchent des solutions locales pour réduire leur exposition aux aléas carburant, tout en répondant à des exigences croissantes de reporting sur les émissions. La production solaire ne règle pas tout, mais elle devient un levier concret de réduction, particulièrement dans les zones où la chaîne logistique constitue un point de fragilité.
Afungi, Cabo Delgado: contraintes de sécurité et logistique énergétique sur site
Le site d’Afungi se situe à Cabo Delgado, une province du nord du Mozambique marquée par des contraintes de sécurité. Pour un chantier GNL, ces contraintes se traduisent par des dispositifs de contrôle d’accès, des zones de circulation définies et une gestion stricte des flux logistiques. L’énergie, et en particulier le carburant, fait partie des flux critiques, puisqu’elle conditionne l’activité des engins, la mobilité interne et l’alimentation électrique.
Dans ce contexte, disposer d’une part de production électrique locale issue du solaire réduit une dépendance à des approvisionnements réguliers. La baisse du volume de diesel nécessaire peut se traduire par moins de convois, donc une exposition moindre aux aléas. L’objectif n’est pas de supprimer la génération thermique, mais de diminuer la pression logistique sur un maillon sensible de l’organisation du site.
La mise en place d’une centrale photovoltaïque sur un chantier impose aussi une planification foncière. Il faut une surface disponible, sécurisée et compatible avec les activités en cours. La proximité avec les points de consommation limite les pertes et simplifie l’exploitation du réseau interne. Dans un environnement littoral, la durabilité des équipements impose des choix de matériaux et de maintenance adaptés, notamment face à l’humidité et aux particules fines.
Sur un site industriel, la disponibilité électrique est un indicateur central. Les bases-vie hébergent des équipes nombreuses, les ateliers nécessitent une alimentation continue, et les procédures de sécurité exigent des systèmes actifs en permanence. L’intégration du photovoltaïque doit donc être conçue sans fragiliser la résilience, ce qui implique des bascules automatiques, des redondances et des tests réguliers, conformément aux standards du secteur.
La réalité d’Afungi combine impératifs industriels et conditions locales. Le photovoltaïque apporte une marge de manœuvre sur la journée, mais l’organisation reste structurée autour de la continuité d’alimentation. Le projet met en lumière une approche, utiliser une production renouvelable quand elle est disponible, tout en maintenant la capacité de répondre aux contraintes de sécurité et aux exigences d’un chantier de grande ampleur.
Un choix aligné avec les objectifs énergie-climat de TotalEnergies en 2026
Pour TotalEnergies, l’installation de 7,1 MW solaires sur un chantier GNL s’inscrit dans un mouvement plus large, intégrer davantage d’électricité bas-carbone dans les opérations, y compris sur des sites éloignés. Les entreprises du secteur publient des trajectoires climat, avec des indicateurs d’émissions et des actions opérationnelles. L’électrification partielle par le solaire sur un chantier constitue une mesure tangible, mesurable en production et en réduction de consommation de carburant.
En 2026, la pression réglementaire et financière autour des émissions, notamment via les attentes des investisseurs et des banques, renforce l’intérêt d’initiatives concrètes. Un projet solaire sur site peut être valorisé dans la gestion de l’empreinte carbone des activités de construction. La portée dépend des volumes substitués, de la durée d’utilisation et de la manière dont l’électricité est comptabilisée dans les inventaires d’émissions.
Le choix du solaire, plutôt qu’une autre technologie, s’explique aussi par la maturité industrielle. Les panneaux et les onduleurs sont standardisés, les délais de déploiement peuvent être relativement courts, et les opérations de maintenance sont maîtrisées. La contrainte majeure reste l’intermittence, d’où l’importance d’une architecture hybride. Dans un chantier GNL, la flexibilité opérationnelle prime, il est donc probable que les générateurs conservent un rôle central pour couvrir les pointes et garantir la disponibilité.
Le cas d’Afungi est également une vitrine, il montre que des projets d’hydrocarbures peuvent intégrer des briques renouvelables sans attendre la phase d’exploitation. Cette logique répond à une critique récurrente, l’écart entre les annonces de transition et les pratiques sur le terrain. Même si le photovoltaïque ne change pas la nature du produit final, il modifie une partie du fonctionnement quotidien du site.
Reste une question de suivi, la performance réelle dépendra des heures de fonctionnement, du taux de disponibilité, de l’encrassement, et du niveau d’utilisation des générateurs sur les mêmes périodes. Les données d’exploitation, si elles sont publiées, permettront d’apprécier l’impact concret de cette centrale sur la consommation de carburant et sur l’organisation énergétique d’un chantier emblématique au Mozambique.
Questions fréquentes
- À quoi sert la centrale solaire de 7,1 MW installée à Afungi ?
- Elle sert à fournir une partie de l’électricité nécessaire au chantier GNL d’Afungi, surtout en journée, afin de réduire le recours aux groupes électrogènes et de limiter la consommation de diesel liée à la production électrique sur site.


