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NELLY MITJA NOUS EMMENE A LA DECOUVERTE DU COMICS EN 5 POINTS

Si vous avez déjà tenu entre vos mains une bande dessinée narrant les aventures d’un super-héros bodybuildé luttant contre le crime et l’injustice, c’est que le comics ne vous est pas étranger. Si vous souhaitez en savoir plus, Nelly Mitja nous propose aujourd’hui un petit aperçu en 5 points du monde du comics qui fait partie intégrante de l’univers de la bande dessinée.

 

  1. Petite définition

Le mot « comics », qui vient de l’anglais « comic » (« comique » en français), est le terme utilisé aux Etats-Unis pour désigner la bande dessinée dans son ensemble, les premières œuvres publiées étant humoristiques. Néanmoins, avec le temps, le comics est devenu un terme spécifique pour distinguer la bande dessinée américaine de la bande dessinée européenne et du manga.

  1. Source et évolution

Le comics trouve sa source au XIXème siècle dans les grands quotidiens d’information américains, notamment les suppléments dominicaux qui viennent booster les ventes. En 1897, il fait l’objet d’un premier album. C’est l’histoire de The Yellow Kid de Richard Felton Outcault qui fut dans un premier temps publié de manière anonyme dans le magazine Truth en 1894. The Yellow Kid, c’est aussi l’apparition des phylactères, les bulles de dialogue qui permettent aux protagonistes de converser. Aussi, les décennies qui suivront seront marquées par quatre grandes périodes… parce qu’on ne rigole pas toujours avec l’histoire du comics.

 

02.1. Le Golden Age (1938 – 1955) : Avènement du super-héros, guerre mondiale et critique

Le Golden Age débute en 1938 avec la publication du premier numéro d’Action Comics de la maison d’édition DC Comics. Pour quelques cents, les lecteurs peuvent découvrir le personnage de Superman de Jerry Siegel et Joe Shuster, défenseur des justes causes et véritable archétype du super-héros qui deviendra très rapidement une icône de la culture américaine. En 1939, c’est Batman de Bob Kane et Bill Finge qui fait sont entrée dans Detective Comics. Si d’autres personnages suivront comme Wonder Woman, Aquaman ou encore Green Arrow (1941), il faudra également compter avec la maison d’édition Timely Comics (devenue Marvel dans les années 60) qui lancera en 1940 le personnage de Captain America de Joe Simon et Jack Kirby dans Captain America Comics. Cette période est également marquée par la seconde guerre mondiale qui contribuera à inspirer certains scénarii encourageant l’effort de guerre. Après-guerre, le monde des super-héros se tarit quelque peu et laisse place à des comics plus focus sur des histoires de romance, d’horreur, de western ou de polars, notamment avec la maison d’édition EC Comics créée en 1944 par Max Gaines. L’âge d’or du comics prendra fin au milieu des années 50 avec une baisse des ventes marquée et la montée de la critique personnifiée par le Dr. Wertham qui publiera en 1954 Seduction of the innocents, véritable diatribe contre l’univers du comics qu’il qualifie de perversion.

 

02.2 Le Silver Age (1955- 1972) : Renouveau

Le Silver Age est marqué par une forme de renouveau du comics, à l’image de DC Comics qui réintroduit certains de ses personnages disparus en 1951 comme Flash et Green Lanterne, en associant également de nouveaux protagonistes. Des univers parallèles sont également créés, ce qui permet à nos super-héros de combattre le crime en y unissant leurs forces. La ligue des justiciers voit ainsi le jour en 1960. En réponse à DC Comics, Marvel crée les 4 Fantastic en 1961 auxquels viennent se greffer des personnages comme Spiderman, Hulk, Thor (1962), ou encore Iron Man (1970), qui rejoignent pour leur part The Avengers (1963). L’apparition de personnages de couleur est également un signe de renouveau avec la création de super-héros comme Black Panther (1966) ou encore le Faucon (1969) chez Marvel, premier super-héros afro-américain. Les super-héros deviennent aussi de moins en moins conventionnels, toujours chez Marvel, où leurs préoccupations, loin de celles de sauver le monde, sont plus triviales. Ces personnages prennent vie sous le crayon et la plume de Jack Kirby et Stan Lee. Enfin, le Silver Age, c’est aussi l’apparition du « Comix » aussi appelé « comics underground ». En opposition aux éditions DC Comics et Marvel, son style est plus décadent, bravant les interdits du comics code.  Moins répandu, les thématiques abordées portent sur le sexe, la drogue ou encore la politique, ce qui élargit petit à petit l’éventail du lectorat. Ce style est notamment attribué à des auteurs comme Robert Crumb, et Art Spiegelman qui s’illustreront dans des revues comme Zap Comix, Real Pulp, Young Lust ou encore Bizarre Sex.

 

02.3. Le Bronze Age (1973 – 1991) : Maturité et capitalisme

Le Bronze Age commence fort avec le décès en 1973 d’un des personnages de Marvel, Gwen Staci, compagne de Spider Man. Cet évènement provoque une vive émotion chez le lectorat qui n’est pas au bout de ses peines avec la disparition d’autres protagonistes comme en 1982, celle de Captain Marvel, atteint d’un cancer, celle d’Elektra (Daredevil), qui finit empalée en 1982, ou encore celle de la détective Jean DeWolff (Spiderman) assassinée par son amant en 1985. DC Comics ira même jusqu’à tuer le bébé d’Aquaman.

Cette série de tragédies peut en quelque sorte être définie comme la fin d’une certaine forme d’innocence. Aussi, de nouvelles œuvres voient le jour avec des scenarii plus travaillés et des sujets plus sombres. A ce titre, l’alcoolisme d’Anthony Stark (Ironman) est révélé en 1979 dans Le démon dans la bouteille.

Néanmoins, de nouveaux personnages continuent de voir le jour, cette fois-ci plus représentatifs de la société américaine et de son métissage. Tout comme ce fut le cas durant le golden age, le silver age s’inspire également de l’histoire contemporaine, notamment du contexte de la guerre froide. La révolution sexuelle aidant, les personnages féminins sont également plus représentés, avec entre autres des personnages comme Claire Temple (1972) Misty Knigh et Tornade (1975) chez Marvel. Enfin, le Bronze Age est aussi synonyme de crossovers avec l’apparition de mini-séries mêlant les destins des différents super-héros de chaque maison d’édition. Ainsi, comme à l’accoutumé, Marvel lance en 1984 Secret Wars, suivi de près par DC comics qui produit un an plus tard Crisis on infinite earth. Les adaptations en jeux vidéo voient également le jour dans les années 80 comme Spiderman ou encore Hulk.

 

02.4. Le Modern Age (1992- à nos jours) : En devenir

Toujours d’actualité, le Modern Age est de facto un peu plus complexe à définir, d’autant plus que des tensions se font de plus en plus ressentir au sein des principales maisons d’édition rongées par le mercantilisme.

Aussi, plusieurs auteurs décident de leur claquer la porte au nez, préférant s’octroyer les droits d’auteurs.

C’est ainsi que naît en 1992 Image Comics, fondée par Todd McFarlane, Jim Lee, Erik Larsen, Rob Liefeld, Marc Silvestri, Whilce Portacio, et Jim Valentino, 7 des plus grands dessinateurs de la maison Marvel désireux de gérer différemment leur image et leurs relations avec les partenaires (Imprimeurs, diffuseurs…). Durant cette période, le comics devient également collector. Ce n’est plus 10 cents qu’il faut débourser pour se payer les aventures de nos super-héros mais bien plusieurs centaines de dollars pour certaines revues datant de l’avant guerre. De nouveaux auteurs sont également révélés comme Harvey Pekar qui collabore avec Robert Crumb sur la série American Splendor dont le dernier album est sorti en 2008 ou encore Brian Michael Bendis, connu notamment pour Goldfish (1995) qui s’apparent davantage au roman graphique ou encore la série Powers (2000), où il collabore avec Michael Avon Oeming. Pour finir, le Modern Age, c’est aussi le comics sur grand écran qui n’aura échappé à personne (Batman, Wolverine, Xmen, Daredevil, Hulk, le Joker…).

 

  1. Caractéristiques

Tout comme le manga se reconnaît au premier coup d’œil, le comics américain dispose également de ses propres caractéristiques, de ses propres codes appelés comics code.

Colorisées à mort, ces bandes dessinées se distinguent par une vision plutôt manichéenne de la société. Elles mettent généralement en scène un super-héros (ou héros mythique) qui fait de la lutte contre le crime une affaire personnelle, et un être détestable dont l’ultime finalité est d’asservir le monde, voir de le faire disparaître. Vous l’aurez compris, il y a le super-héros et le super-vilain (Heroes and Villains).

Le super-héros se caractérise par une enfance ou un passé souvent marqué par un événement tragique ou troublant. C’est le cas par exemple de Superman. Né sur la planète Krypton sous le nom de « Kal-El » et placé dans un vaisseau spatial par son père pour fuir la menace de destruction de sa planète, il est recueilli par un petit couple de fermiers du Kansas qui décident de l’adopter et de garder secrète son identité en le rebaptisant Clark Joseph Kent. Idem pour Batman, alias Bruce Wayne, qui conservera le trauma de l’assassinat de ses parents alors qu’il n’était encore qu’un enfant. Doté de superpouvoirs (Superman, Wonder Woman, Captain America, Spiderman…) ou d’un équipement ultra sophistiqué (Green Arrow, Batman, Iron Man…), le super-héros est du coup contraint de mener une double vie. Nous pouvons ainsi citer le personnage de Peter Parker, alias Spider Man, étudiant en sciences et photographe freelance à ses heures, ou encore celui d’Anthony Stark, alias Iron Man, riche industriel. Autre particularité qui caractérise le comics, l’improbable costume que revêt le super-héros pour masquer son identité. Parce que sérieusement, si le port du masque, voir celui de la cape passent encore, le collant et le slip en lycra, c’est assez saugrenu comme idée, même si c’est pour nous dévoiler la forme athlétique du personnage. Enfin, le nom du super-héros est toujours en relation avec ses superpouvoirs et / ou son accoutrement : Batman et son costume de chauve souris, Iron Man et son armure en métal mémoriel, Flash et son éclair estampillé sur le poitrail… Le super-vilain, disposant généralement d’une certaine intelligence lui permettant d’élaborer des plans machiavéliques, est quant à lui souvent doté d’une psychologie complexe. C’est le cas de Double Face, alias Harvey Dent, brillant procureur par le passé, qui, défiguré et plongé dans la névrose, avouera partager son corps avec celui de son frère ainé, Murray, décédé des suites d’un incendie qu’il provoqua lui-même. Nous pouvons également citer le personnage de Loki, dieu de la tromperie et frère de Thor, véritable maître dans l’art de la manipulation et de la trahison, en quête de reconnaissance paternelle. Nous retrouvons également chez le super-vilain les mêmes spécificités que chez le super-héros : Superpouvoirs, costume, et parfois double identité. Mais ce qui le distingue véritablement du super-héros, c’est définitivement sa soif de vengeance et sa volonté de nuire.

 

  1. DC Comics et l’Univers Marvel, les géants du comics

Vous l’aurez compris un peu plus haut, aux Etats-Unis, deux maisons d’édition détiennent le monopole du comics, DC Comics et Marvel.

Créée en 1937 par Malcolm Wheeler-Nicholson, DC Comics a connu ses débuts sous le nom de la National Allied Publications (1934).

Parmi les principaux personnages de la maison d’édition que nous retrouvons notamment dans La ligue des justiciers : Superman, Batman, Green Lantern, ou encore Wonder Woman, Aquaman et Green Arrow. A cette Ligue des justiciers s’oppose Suicide Squad (1959) qui rassemble les super-vilains de DC Comics comme Deadshot, Black Manta, ou plus récemment Harley Quinn. En 1939, c’est au tour de Martin Goodman de fonder la maison d’édition Timely Publications qui deviendra dans les années 60 Marvel Comics. Captain America, Les 4 fantastiques, Spiderman, Hulk, Thor, Iron Man, mais aussi Wolverine font partie de l’univers Marvel.

Tout comme pour DC Comics, nombreux sont les super-héros que nous retrouvons dans The Avengers. Outre les différents personnages de super-héros et de super-vilains, ce qui distingue DC Comics de Marvel, c’est avant tout la dimension humaine de ces derniers. Chez DC Comics, le super-héros est assez policé et évolue dans un environnement plutôt sombre, à l’image de Batman. Il vit sa souffrance en silence et demeure inébranlable quand il est question de lutter contre le crime et l’injustice. Il fait également l’objet d’un grand respect au sein de la société dans laquelle il évolue. Chez Marvel, c’est plutôt le contraire.

Le super-héros est parfois en proie au doute, il exprime ses émotions et peut laisser exploser sa colère. Bref, il est moins psychorigide et moins conventionnel et peut faire dans certains cas l’objet d’inquiétudes et de craintes de la part de la société. Le personnage de Wolverine en est la parfaite illustration. Néanmoins, nous pouvons aussi constater certaines similitudes entre les personnages des deux univers, comme si nous étions dans une forme de surenchère entre les deux maisons d’édition…

et c’est le cas. Pour ne citer qu’un exemple, nous retiendrons les personnages du Dr Polaris (1963) de DC Comics et celui de Magneto (1963) de Marvel qui en plus d’être deux super-vilains, comptent parmi leurs forces le magnétisme, la création et la manipulation de champs de force, ou encore la manipulation du métal. Les combats menés sont également beaucoup plus emblématiques de la société contemporaine chez Marvel où les questions du racisme et de l’origine des mutations génétiques sont soulevées, notamment chez les X-men, ce qui rend l’identification du lecteur aux personnages plus aisée.

 

  1. Petit focus sur le féminisme dans le comics

C’est dans un contexte de seconde guerre mondiale, période où les femmes étaient engagées dans l’effort de guerre, que Wonder Woman fut créée en 1941 par le psychanalyste, écrivain, scénariste et inventeur William Moulton Martson.

Féministe engagé, ce dernier était convaincu de l’avènement prochain du matriarcat qu’il personnifia, avec le concours du dessinateur Harry G. Peter, sous les traits d’une Wonder Woman aux formes généreuses et au costume minimaliste…

mais aux couleurs du drapeau américian, probablement pour mieux faire passer la pilule. Si le personnage a été malmené tout au long de son existence, que ce soit avec son créateur qui semblait nourrir un tropisme pour le bondage, sous le crayon et la plume du duo Sekowsky et O’Neil qui s’attirera les foudres de la féministe Gloria Steinem, ou du duo William Messner-Loebs et Mike Deodato Jr qui s’enlisera dans l’hypersexualisation du personnage dans les années 90, sa vocation première était bien celle de préparer la société américaine à la prise du pouvoir (politique et économique) des femmes.

Aussi, Wonder Woman est devenue la première super-héroïne de l’histoire du comics qui relayait jusqu’alors les femmes à des personnages secondaires ou des demoiselles en détresse. C’est ainsi que les personnages de Miss Fury et Phantom Lady (1941), Miss America (1943), ou encore de Yankee Girl (1947) furent créées pendant le golden age du comics.

Si de nouveaux personnages féminins apparaissent durant le silver age comme ceux de Miss Invisible (1961), Strange Girl et la Guêpe (1963) ou encore Black Widow (1964), ces derniers restent calibrés sur la période précédente. Ce n’est que durant le bronze age que leur nombre augmentera de manière exponentielle pour atteindre un ratio hommes – femmes intéressant, avec la création de personnages comme Claire Temple (1972), Tornade (1975), Power Girl (1976), Mystique et Malicia (1978), ou encore Elektra (1981). Marqué par la révolution sexuelle, l’âge de bronze s’attardera également beaucoup plus sur les capacités de réflexion et d’analyse ainsi que sur la psychologie de ses protagonistes féminins.

Le modern age semble quant à lui assez divisé avec d’un côté, le retour à l’hypersexualisation des personnages féminins, et de l’autre, des personnages plus affirmés comme c’est le cas de la version moderne de Batwoman qui assume pleinement son homosexualité. Mais au final, c’est avec la jeune maison d’édition Image Comics, dont nous avons parlé un peu plus haut, que le crayon et la plume s’extirpent de tout dictat et tabou. Ainsi nous pouvons citer Bitch Planet de Kelly Sue DeConnick et Valentine De Landro, dont le premier numéro a été publié en 2014. Véritable critique de la société individualiste et consumériste contemporaine, de ses inégalités hommes – femmes, Bitch Planet est avant tout un comics qui dénonce le conformisme.

Auteur : Nelly Mitja

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