Le classement Sigem reste chaque année un rendez-vous central pour les étudiants issus des classes préparatoires économiques. Cette publication définit la hiérarchie des écoles de management françaises selon les choix et affectations réels des candidats. L’édition 2025 s’inscrit dans une période marquée par l’évolution des stratégies d’intégration, une croissance du nombre d’élèves en prépa éco, mais aussi par une hausse significative des démissions et des difficultés persistantes pour certaines écoles à remplir leurs promotions.
Qu’est-ce que le classement Sigem ?
Depuis près de deux décennies, le Sigem (Système d’intégration aux grandes écoles de management) sert de référence pour classer les écoles de commerce françaises accessibles post-prépa. Ce palmarès se base sur les choix exprimés réellement par les candidats lors de la procédure d’affectation, ce qui lui confère une grande légitimité auprès des futurs étudiants.
Contrairement à d’autres palmarès fondés sur la recherche, la pédagogie ou les salaires des diplômés, le Sigem mesure surtout l’attractivité perçue des écoles auprès des étudiants lors de la session annuelle d’admission. Les résultats officiels sont donc étroitement liés aux décisions individuelles des candidats admis à plusieurs établissements, reflétant ainsi leur préférence réelle.
Hausse des effectifs en prépa et augmentation des démissions
En 2025, une hausse des inscriptions en classe préparatoire économique a été constatée. Cette tendance aurait pu annoncer un remplissage facilité pour les grandes écoles de management, qui bénéficient historiquement de flux stables. Pourtant, la réalité diffère : les données révèlent une proportion croissante de candidats démissionnaires.
Divers facteurs contribuent à expliquer cette situation inédite. D’abord, certains admis préfèrent finalement opter pour d’autres formations supérieures ou reportent leur entrée en école. D’autres choisissent de renoncer suite au rang obtenu dans le classement Sigem, privilégiant parfois même une nouvelle tentative l’année suivante, estimant que l’école intégrée ne répond pas suffisamment à leurs attentes.
Un écart marqué entre les écoles de haut et bas du tableau
Une lecture attentive du classement Sigem 2025 met en évidence un fossé persistant entre les écoles du top 10 et le reste du panel. Les établissements de tête continuent d’attirer la majorité des vœux 1, avec des taux de remplissage quasiment complets dès la première phase d’affectation, confirmant leur position dominante dans le palmarès.
À l’inverse, les écoles moins bien positionnées rencontrent davantage de difficultés à attirer et conserver les candidats. Plusieurs établissements du bas du classement ont été confrontés à des salles quasi-vides, certains n’ayant enregistré aucun intégré sur certaines filières, malgré l’ajustement de leur stratégie de recrutement.
- Les dix premières écoles enregistrent plus de 90 % de remplissage immédiat.
- Plusieurs écoles en dehors du top 20 affichent moins de 60 % d’intégrés.
- L’écart de popularité tend à se creuser d’une session sur l’autre, renforçant la hiérarchie existante.
Duels, réorganisation et rebondissements dans le palmarès
Le palmarès Sigem ne dépend pas uniquement des taux de remplissage bruts mais surtout des fameux duels Sigem, c’est-à-dire des comparaisons directes entre chaque pair d’écoles où un même candidat a eu le choix. Le vainqueur de ces duels obtient une place supérieure dans la hiérarchie finale, ce qui peut bouleverser l’ordre établi.
Ces affrontements miroir témoignent alors véritablement de la préférence réelle des admissibles, bien au-delà des classements institutionnels classiques. Cela explique la stabilité remarquable du top 10 du classement depuis plusieurs années, où la triangulation entre HEC, ESSEC, ESCP, et d’autres grands noms demeure solide et peu sujette aux fluctuations.
Des surprises notables hors du top 10
Si la partie haute du classement Sigem ne subit que peu de mouvements, la suite du palmarès réserve son lot de résultats inattendus. Certaines écoles de rang intermédiaire progressent sensiblement grâce à une valorisation accrue de leur offre pédagogique ou à une meilleure communication autour de leurs débouchés à l’international.
Dans le même temps, d’autres établissements perdent du terrain, handicapés par un déficit d’image, des résultats de placement insatisfaisants ou une inadéquation entre les attentes des candidats et leur position effective dans le marché académique. Ces évolutions soulignent la nécessité pour chaque école de s’adapter rapidement.
Difficultés de recrutement et adaptation des petites écoles
Ce millésime confirme aussi que les plus petites structures peinent toujours à séduire durablement. À titre exceptionnel, l’une des écoles référencées n’a comptabilisé aucun admis sur sa filière principale, malgré plusieurs tentatives d’assouplissement des critères ou de diversification des profils recrutés.
Pour pallier ce recul, certaines écoles optent pour une réduction volontaire du nombre de places ouvertes ou proposent des parcours différenciés afin de stabiliser les promotions existantes. Cette stratégie permet de maintenir une attractivité relative sans exposer l’établissement à des classes trop clairsemées, tout en conservant une dynamique interne satisfaisante.
| Catégorie d’école | Taux de remplissage moyen (%) |
|---|---|
| Top 5 | 98 |
| Rang 6 à 10 | 93 |
| Rang 11 à 20 | 78 |
| Après le 20e rang | 58 |
Les enjeux à venir pour le recrutement dans les écoles de management
La dynamique observée pendant la session Sigem 2025 engage tous les acteurs à repenser leur modèle pour les prochaines années. Les stratégies de promotion, le développement d’offres spécifiques adaptées à la transition professionnelle ou encore le renforcement de la visibilité internationale figurent parmi les leviers recherchés pour améliorer la position dans le classement.
De nombreux établissements poursuivent ainsi leur mue en misant sur une spécialisation accrue, le lancement de nouveaux campus ou en revisitant la pédagogie proposée. Ce contexte évolutif redessine progressivement la carte des écoles de management françaises, dont l’attractivité continue de reposer sur l’appréciation concrète des candidats lors du Sigem. Les prochaines éditions s’annoncent déjà riches en enseignements et en évolutions stratégiques.
Sources
- https://www.letudiant.fr/educpros/actualite/classement-sigem-2025-la-majorite-des-ecoles-de-management-ne-remplissent-pas.html
- https://major-prepa.com/classement/classement-sigem-2025-tout-est-une-question-dinterpretation/
- https://etudiant.lefigaro.fr/article/etudes/classement-sigem-2025-zero-admis-pour-l-une-des-ecoles-de-commerce-20250718/
- https://diplomeo.com/actualite-classement_sigem_2025

